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HORVAIS Charles-Alban

Agrégé d’histoire, doctorant contractuel en histoire romaine à l’université de Rouen.

Axes de recherche :

  • Histoire de la République romaine.
  • Histoire de l’Afrique romaine.
  • Histoire de l’armée romaine.
  • Histoire militaire.
  • Histoire institutionnelle.
  • Histoire culturelle et sociale.
  • Prosopographie.

Contact : charles-alban.horvais1[@]univ-rouen.fr

Parcours :

  • 2012/2013 : Agrégation externe d’histoire.
  • 2011/2012 : Capes externe d’histoire-géographie, admissibilité à l’agrégation externe d’histoire.
  • 2009/2010 : Master 2, Les relations diplomatiques franco-sud-coréennes de 1963 à 1997, vues de France, Université de Caen Basse-Normandie, sous la direction de Mathieu Guérin, mention TB.
  • 2008/2009 :Master 1, L’action politique de Pompée à Rome de 59 à 52 av. J.-C., Université de Caen Basse-Normandie, sous la direction d’Yves Modéran, mention TB.
  • 2008 : Licence d’histoire, Université de Caen Basse-Normandie, mention AB.
  • 2005 : Baccalauréat, série ES, mention TB, Lycée André Maurois de Deauville.

Enseignement :

  • 2016/2017 : “La crise de la République romaine, 201-31 av. J.-C.”, cours magistraux et TD, Licence Histoire (L1 et L2), Université de Rouen
  • 2014/2015 : professeur d’histoire-géographie au lycée Henri Martin de Saint-Quentin.
  • 2013/2014 : professeur stagiaire d’histoire-géographie au lycée Allende d’Hérouville-Saint-Clair.

Organisation d’événements scientifiques

  • Avec Hugo Mulonnière, organisation de la journée d’étude, « Travaux en cours sur l’Afrique du Nord, de l’Antiquité à nos jours », 22 mars 2017, Université de Rouen
  • Avec Julie Campion-Lavigne et Hugo Mulonnière, organisation de la journée des doctorants du GRHis, « Empires et impérialismes : Etat, guerre, société, patrimoine », 5 avril 2017, Université de Rouen

Publications :

  • “Pompée, les Italiens et le Sénat (62-49 av. J.-C.)”, Vita Latina, 195-196, p. 5-21.

Communications :

  • « L’expédition d’Atilius Régulus en Afrique (256-255 av. J.-C.) : une remise en contexte », Travaux en cours sur l’Afrique du Nord, de l’Antiquité à nos jours », 22 mars 2017, Université de Rouen
  • « La Fossa Regia : frontière de l’empire ou limite provinciale ? », atelier doctoral, Les frontières maritimes et terrestres du Maghreb. Approches comparées (Antiquité, Moyen Âge), Bordeaux, Université Bordeaux-Montaigne, 13-14 décembre 2016 [lien].
  • « Pompée, les Italiens et le Sénat (62-49 av. J.-C.) », Atelier des doctorants en histoire, archéologie et littérature ancienne et médiévale de Normandie-Université (CRAHAM-GRHis), “Normes et pratiques”, 27 avril 2016, Université de Rouen.

Archéologie :

  • 4 au 29 juillet 2016 : Participation aux fouilles du forum de Vieux-la-Romaine sous la direction de Karine Jardel
  • 13 au 24 juillet 2015 : Participation aux fouilles du forum de Vieux-la-Romaine sous la direction de Karine Jardel. Fouilles d’une boutique et d’un (possible) macellum.

Divers:

  • 2016 : représentant des doctorants de l’ED 558 HMPL.

Thèse en cours : L’armée romaine en Afrique à l’époque républicaine (256 av. J.-C. à 27 av. J.-C.)

sous la direction de Pierre Cosme

Résumé de thèse :
En 1892, René Cagnat dédia un vaste ouvrage à l’armée romaine d’Afrique en commençant son étude au début du règne d’Auguste. Pourtant, les premiers contacts entre les armées de la République romaine et l’Afrique, eurent lieu trois siècles auparavant. Dès 256 av. J.-C., lors de la première guerre punique, une armée est envoyée par Rome afin de combattre Carthage et dès 146 av. J.-C., avec la chute de Carthage et la naissance de la province d’Afrique, les armées romaines furent régulièrement stationnées dans la province. René Cagnat, dans l’introduction de son étude, justifie son choix chronologique, il explique que les sources pour la période républicaine sont trop rares pour permettre une véritable étude de l’armée de la République en Afrique. Le but de cette thèse est d’éclairer cette période d’histoire de l’armée romaine, qui s’étend de 256 av. J.-C. à 27 av. J.-C.. Pour cela, il s’agira de faire usage de toutes les sources à notre disposition en les croisant mais aussi en les étudiant avec un regard neuf en prenant en compte les dernières évolutions de l’historiographie.

Ce sujet s’inscrit en effet au cœur de deux thèmes historiographiques, l’Afrique romaine et l’armée romaine, qui sont tous deux en plein renouvellement. En effet, au début du XIXe siècle, l’histoire de cet espace, qui s’étendait de l’Atlantique à la Tripolitaine, était presque totalement ignorée. Il faut attendre les débuts de la conquête de l’Afrique du Nord par la France en 1830 pour voir se développer la connaissance de l’Afrique antique. L’armée française y joua un rôle majeur, les dirigeants de l’armée française se pensant alors comme les successeurs des Romains. Les militaires français laissèrent donc une grande marque dans l’historiographie de l’Afrique romaine. Ce qui a entraîné la naissance de théories influencées par l’idéologie coloniale, ainsi C. Courtois dans son ouvrage Les Vandales et l’Afrique paru en 1955, défendait l’idée d’une opposition entre une plaine romanisée et des massifs montagneux qui seraient restés des foyers d’insurrection et de résistance. Même après la décolonisation, l’histoire de l’Afrique romaine est restée marquée par les présupposés idéologiques. Ainsi, si le livre de M. Bénabou paru en 1978, La résistance africaine à la romanisation, permet de remettre en cause les travaux précédents marqués par l’idéologie coloniale, il a lui aussi suscité de vifs débats. En effet, dans son ouvrage, M. Bénabou tend à accorder un poids trop important aux différentes révoltes en les présentant presque systématiquement comme des marques de la résistance à Rome des populations africaines. Les débats se sont depuis apaisés sur ces questions.

L’histoire militaire a aussi connu de grandes évolutions historiographiques au cours des dernières années. Depuis le milieu des années 1950, sous l’influence de l’école des Annales, l’histoire militaire avait été marginalisée. Depuis déjà une trentaine d’années, un renouveau de l’histoire militaire a eu lieu dans toutes les périodes. Ce renouveau a aussi touché l’histoire de l’armée romaine et ses problématiques particulières à travers les travaux de Yann Le Bohec, de Pierre Cosme ou plus récemment ceux de François Cadiou. Ces chercheurs, s’ils abordent toujours la question des stratégies et tactiques mises en place, élargissent aussi leur propos en étudiant le fonctionnement de cette armée, la place qu’elle tient dans le contrôle du territoire, les relations qu’elle entretient avec les populations locales, ainsi que les questions de financement et de ravitaillement.
A cela s’ajoute un autre mouvement de renouveau de l’historiographie militaire spécifique à la Rome républicaine et l’Afrique y tient un rôle particulier. Selon la thèse classique, mise en avant entre autres par E. Gabba, l’armée romaine, dont le recrutement reposait essentiellement sur les adsidui formés des cinq classes bénéficiant d’un cens suffisant pour disposer du privilège de combattre dans les légions, aurait subi au IIe siècle av. J.-C. une crise de recrutement. Un affaiblissement du vivier de soldats disponibles lié aux guerres outre-mer aurait poussé les généraux à recruter dans un vivier jusqu’alors inexploité, les prolétaires qui avaient été en principe exclus jusque-là du service armé. Selon cette thèse, c’est Marius qui aurait pour la première fois réalisé en 107 av. J.-C. une levée de 6000 prolétaires afin d’aller mener la guerre contre Jugurtha en Afrique. Cet acte aurait marqué le début de la professionnalisation et de la privatisation de l’armée et favorisé l’attachement des soldats allant à l’imperator victorieux ce qui aurait mené aux guerres civiles du Ier siècle av. J.-C.. Cette « crise militaire » qui aurait débuté au IIe siècle av J.-C. est désormais remise en cause par des chercheurs anglo-saxons comme J.W. Rich et N. Rosenstein mais aussi par plusieurs chercheurs français dont F. Cadiou qui, sans nier les changements intervenus dans les armées tardo-républicaines, réfutent l’idée d’une « crise ».
Il s’agit donc dans ce travail de tirer les conséquences de ces évolutions historiographiques afin d’écrire une histoire apaisée de l’armée de la République romaine en Afrique appuyée sur une analyse rigoureuse des sources.

Pour étudier ce sujet de multiples sources sont à notre disposition, littéraires, épigraphiques, archéologiques, numismatiques. Si les sources littéraires formeront la plus grande partie de notre documentation, il s’agira surtout, à l’image de ce qu’a réalisé F. Cadiou pour l’armée d’Espagne, de relire ces sources avec un regard neuf et d’en réaliser un inventaire le plus complet possible. En effet, les textes des Anciens regorgent de précisions sur le déroulement des batailles et, bien qu’ils doivent être étudiés avec précaution, ils ont souvent été, comme le précise F. Cadiou, « insuffisamment exploités, même de façon critique ». L’apport de l’archéologie, de l’épigraphie et de la numismatique vont nous permettre d’approcher de plus près l’histoire de l’armée d’Afrique. S’il est vrai que pour la période républicaine nous ne disposons pas de la même abondance de sources épigraphiques, archéologiques et numismatiques que pour la période impériale, les sources sont cependant suffisamment nombreuses à condition de ne négliger aucun document. Si on prend le cas des sources épigraphiques, les inscriptions funéraires peuvent, par exemple, fournir des informations utiles comme l’a montré Christine Hamdoune dans son étude sur les auxilia externa africains des armées romaines.

Cette thèse a donc pour objectif de réaliser une large synthèse sur l’armée de la République romaine en Afrique et d’enfin répondre par l’affirmative à la question posée par un des premiers historiens de l’armée romaine d’Afrique R. Cagnat en 1892, « En somme, on connaît fort mal la façon dont la province d’Afrique était occupée sous la République. Arrivera-t-on jamais à s’en faire une idée plus nette ? ».