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Axe 3 – Guerres, frontières, impérialismes

Axe 3

Bilan 2015-2020

En 2015, l’axe 3 du GRHis Guerres, frontières, impérialismes comptait six enseignants-chercheurs : Raphaëlle Branche, Professeure d’Histoire contemporaine, Pierre Cosme, Professeur d’Histoire ancienne, Gilles Grivaud, Professeur d’Histoire médiévale, Michèle Virol, Professeure d’Histoire moderne, Dan Ioan Muresan, Maître de conférences d’Histoire médiévale et Géraldine Vaughan, Maître de conférences d’Études anglophones, membre junior de l’Institut Universitaire de France. En 2020, il en compte cinq, à la suite du départ en retraite de Michèle Virol, de la mutation de Raphaëlle Branche et de l’arrivée de Stéphane Haffemayer, Professeur d’Histoire moderne. Cet axe est actuellement coordonné par Pierre Cosme et Gilles Grivaud. Toutes les périodes historiques y ont donc été représentées jusqu’en 2019. Mais les membres n’ont pas tous la même approche des trois termes définissant l’axe 3. Certains se consacrent en effet plus particulièrement à l’étude du phénomène guerrier, tandis que d’autres s’intéressent plutôt à la notion d’empire, y compris sur le plan culturel. Les recherches de Pierre Cosme portent sur la guerre dans le monde romain, celles de Dan Ioan Muresan sur les croisades et les empires médiévaux, celles de Gilles Grivaud sur la Méditerranée orientale
après les croisades, celles de Anne-Marie Cheny sur le développement des études byzantines au XVIIe siècle, celles de Stéphane Haffemayer sur la médiatisation des révoltes et révolutions en France et en Angleterre au XVIIe siècle, celles de Géraldine Vaughan sur l’Empire britannique, celles de Michèle Virol sur les récits de guerre et les ingénieurs, en particulier sur Vauban et celles de Raphaëlle Branche sur les guerres coloniales, en particulier celle d’Algérie.

Cette diversité d’approches et les spécificités de chaque période historique ont néanmoins permis d’organiser quelques rencontres scientifiques transpériodes, comme l’avait préconisé le précédent rapport du HCERES. C’est ainsi que deux Journées d’Études ont été organisées, respectivement sur La guerre de siège, en 2016, par Pierre Cosme, Gilles Grivaud, Dan Ioan Muresan et Michèle Virol, et sur Le rôle et la signification des otages dans le règlement des conflits, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, en 2017, par Raphaëlle Branche, Pierre Cosme et Dan Ioan Muresan. La première résulte d’un projet de recherche engagé en 2013-2014 sur Le récit de guerre comme source d’histoire, né de la collaboration entre six laboratoires : CeTHiS, GRHIS, Orient & Méditerranée, HeRMA, POLEN et ANHIMA. Ses actes doivent être publiés avec ceux d’une journée précédente sur les récits de guerre, dont la publication a pris du retard en raison de problèmes personnels rencontrés par l’un des organisateurs.

Le dernier rapport du HCERES avait également recommandé de développer des synergies à l’intérieur du GRHis et entre les universités normandes. Les membres de l’axe 3 participent donc régulièrement aux Journées du GRHis organisées depuis 2017. En ce qui concerne les échanges entre universités normandes, une rencontre entre spécialistes de l’Antiquité (littéraires et historiens) des universités de Caen, du Havre et de Rouen est organisée chaque année dans l’un de ces établissements depuis 2017. Celle de 2018 a été organisée à Rouen par Pierre Cosme. Ces journées suscitent un intérêt certain chez les étudiants qui peuvent ainsi mieux prendre connaissance des thèmes de recherche des enseignants dont ils suivent les cours. Les étudiants de L3 qui le souhaitent sont ainsi mieux à même de choisir un sujet de Master.

À côté des échanges transpériodes, chaque approche du phénomène guerrier et de la notion d’empire a donné lieu à des rencontres scientifiques inscrites dans une période particulière. En 2015, dans le cadre d’un partenariat avec l’Historial Jeanne d’Arc de Rouen, un colloque a été organisé par Alexis Grélois et Dan Ioan Muresan sur La France et l’Orient au temps de Jeanne d’Arc – Idéaux pacifiques et réalités guerrières. En 2016, le 950eanniversaire de la bataille d’Hastings a donné lieu à un colloque international organisé par Alexis Grélois, Dan Ioan Muresan et Elisabeth Lalou, sous le titre Le couronnement royal de Guillaume Ier : la Normandie, l’Angleterre, l’Europe. Géraldine Vaughan a organisé deux colloques sur l’anticatholicisme, en partenariat avec l’ERIAC, en 2017 et en 2018, et une journée d’études consacrés au Home Rule entre 1870 et 1914, en 2019, également en partenariat avec l’ERIAC. Raphaëlle Branche a organisé une journée d’études intitulée Frères et sœurs en guerre : une relation à l’épreuve des conflits armés en 2018.

Il faut accorder une place particulière à une journée d’études, qui ne relève pas du domaine de recherche de l’axe 3 : organisée par Gilles Grivaud, elle a rendu hommage en 2016 à Jean-Claude Vimont, ancien directeur du Département d’Histoire décédé en 2015.

En dehors de Rouen, Dan Ioan Muresan a organisé en 2016 un colloque en Roumanie, intitulé Cărţi româneşti de învăţătură (Iaşi – 1643, 1646). 370 de ani de la oficializarea limbii române în Țara Moldovei. Michèle Virol a participé à l’organisation de trois journées d’études sur les ingénieurs à l’Université Paris Diderot en 2016, 2017 et 2019.

Par ailleurs, chaque année, un séminaire d’axe s’est tenu, avec dix séances annuelles (puis huit en 2019-2020), animé par des membres de l’axe et rassemblant un auditoire qui a oscillé entre une quinzaine et une vingtaine de participants, en particulier les étudiants inscrits en Master. Ce séminaire a porté sur les traités d’art militaire, le droit de la guerre, les empires maritimes et la stratégie.

Enfin, comme l’atteste la liste de leurs publications, les membres de l’axe ont publié de nombreux ouvrages : on peut citer, entre autres, l’édition critique et commentée de la correspondance entre Louis XIV et Vauban par Michèle Virol, en 2017, ou encore celle de la correspondance de Giulio Savorgnan sur la défense de Chypre par Gilles Grivaud en 2016. Ils ont également participé activement à des activités scientifiques, en France comme à l’étranger.

Depuis le 24/01/2019, un des coordinateurs de l’axe 3, Pierre Cosme, s’est vu reconnaître la situation de travailleur handicapé en raison d’une maladie chronique dépistée en 2017, qui l’a obligé à ralentir ses activités.

Projet 2021-2026

PROJETS de l’axe 3 : Guerres, frontières, impérialismes
Responsables: Pierre Cosme, Stéphane Haffemayer, Géraldine Vaughan
En 2021, Pierre Cosme doit organiser la cinquième rencontre des Antiquisants normands à Rouen. En novembre 2018, il avait organisé à l’Université de Bordeaux-Montaigne, avec François Cadiou, Professeur à l’Université de Bordeaux- Montaigne, une Journée d’Études sur Le soldat romain de Marc Antoine à Néron, pour préparer le XIe Congrès de la Société Internationale d’Études Néroniennes, qui aurait dû se tenir à l’Université de Liège en juillet 2020, en partenariat avec le GRHis, les UMR Ausonius, HiSoMA, Archimede et l’EA 4424 CRISES.

Le programme sur les récits de guerre doit se poursuivre dans les années à venir dans plusieurs directions. En ce qui concerne la Rome antique, la période Julio-Claudienne mérite de retenir une attention particulière. En effet, d’une part, elle est couverte par un nombre significatif d’historiens, dont certains possèdent une expérience directe de la guerre, comme Flavius Josèphe, qui présente également l’avantage de porter un regard extérieur sur l’armée romaine. D’autre part, elle autorise pour la première fois, une confrontation entre sources narratives, épigraphiques et archéologiques. Or, c’est à partir du principat de Tibère que l’on voit apparaître en nombre les stèles funéraires de soldats, parfois ornées de bas-reliefs. Les représentations des défunts, ainsi que le texte des épitaphes peuvent désormais mentionner les éventuelles décorations, le grade atteint, mais aussi retracer les étapes de leurs carrières, en empruntant certains traits aux monuments aristocratiques, ainsi qu’aux images impériales. Ces épitaphes, qui tiennent une place si importante dans la documentation épigraphique, en résumant les carrières militaires, construisent aussi une image du soldat, conçue cette fois par lui-même ou ses héritiers, en s’inspirant de modèles préétablis. C’est d’autant plus le cas quand ces stèles funéraires comportent une représentation du défunt en bas-relief. La conquête de l’Égypte a également permis la conservation de certaines lettres de militaires romains en garnison dans cette province sur des papyrus ou des ostraka, qui représentent des témoignages plus spontanés sur leur vécu, même si ces lettres n’échappent pas non plus totalement aux stéréotypes, tout épistolier construisant également une certaine image de lui-même. Le soldat romain commence alors à nous parler de lui-même, alors que pour les périodes précédentes, nous ne pouvons l’appréhender qu’à travers le regard d’auteurs issus de l’élite de la société. Si le langage des soldats semble souvent confus sous la plume des auteurs anciens, c’est essentiellement par leurs gestes et leurs attitudes qu’ils s’expriment. On les voit ainsi régulièrement pleurer. Les larmes du soldat romain représentent à cet égard un domaine de recherches qui commence à être exploré, dans la perspective de l’histoire des émotions. Des collaborations avec des latinistes de l’Université de Rouen comme Anne Vial- Logeay, qui a contribué à la récente Histoire des émotions parues au Seuil, ou Ginette Vagenheim, qui a étudié les inscriptions connues par Pirro Ligorio, des papyrologues, comme Hélène Cuvigny de Sorbonne-Université, des historiens, comme Patrice Faure, Maître de conférences à l’Université Jean-Moulin Lyon 3, qui engage une réflexion sur l’expression des militaires, pourraient donner lieu à des rencontres scientifiques sur ces sujets d’ici 2022-2023. Patrice Faure soutiendra en janvier 2021 son HDR à l’Université de Rouen, ayant comme garant Pierre Cosme.

En outre, au-delà de l’Antiquité romaine, ces correspondances militaires représentent un objet d’études susceptible de fédérer des historiens de la guerre de différentes périodes, dans le cadre d’un colloque ou d’ateliers au format plus réduit. Une troisième orientation de recherche doit envisager la constitution d’un savoir militaire, dont les récits de guerre pourraient être porteurs. En s’interrogeant sur leurs conditions de production et sur la place qu’y occupent les exempla, ou encore les données chiffrées (effectifs, ravitaillement ou pertes), on peut mesurer la dimension didactique de ces textes. Les premiers se présentaient comme autant de modèles à suivre, les secondes pouvaient offrir des indications pratiques, même si elles manquent de fiabilité et ont pu être altérées par la tradition manuscrite. Or, on est de plus en plus sensible au rôle de la lecture dans la formation des élites romaines susceptibles d’exercer les commandements militaires, à côté des traditions familiales, en l’absence d’écoles militaires. Une partie des traités d’art militaire romains a certes disparu, mais il en reste quelques-uns, dont les rapports avec les textes plus narratifs demanderaient à être mieux précisés. Cette direction de recherche permettrait de mieux cerner les notions très débattues d’expérience et de compétences militaires à Rome. Le renouvellement qui est intervenu ces dernières années dans le domaine de l’histoire militaire romaine incite tout particulièrement à une relecture du Traité d’art militaire de Végèce, qui suscite toujours beaucoup d’interrogations. Il faudrait en effet à la fois mieux identifier les différents états de l’armée romaine auxquels Végèce se réfère et cerner avec plus de précision le contexte dans lequel il écrit, c’est-à-dire les difficultés militaires de l’Empire au tournant des IVe et Ve siècles. Cette entreprise de longue haleine nécessiterait l’organisation de journées d’études ou d’ateliers réguliers réunissant des latinistes et des historiens pour aboutir à une traduction commentée de ce traité, qui demeura une référence jusqu’à la fin du Moyen-Âge. Étienne Famerie, latiniste à l’Université de Liège, Sylvain Janniard, Maître de conférences à l’Université de Tours et rattaché au CETHis, Bertrand Augier, Maître de conférences à l’Université de Nantes et Maxime Emion, ATER à l’Université du Havre se sont d’ores et déjà dits intéressés par ce projet. A partir de 2022, Gilles Grivaud sera porteur d’un axe dans le quinquennal de l’Ecole française d’Athènes consacré à l’écriture de la Grèce franque ; il s’agira d’une enquête de nature épistémologique pour comprendre comment a été conçue l’histoire de la Grèce franque (XIIIe-XVe siècles) à des époques plus tardives (XVIIe-XXe siècles). Il porte sur l’épistémologie/historiographie de la Grèce franque, et s’intitule ” L’écriture de la Grèce franque “. Il s’agira d’organiser une JE par année, consacrée à l’oeuvre d’un grand historien du passé (XVIIe-XIXe siècles) s’étant penché sur la période de la Grèce franque ou vénitienne ; avec une publication associée à chaque séminaire (papier ou électronique). Au sein du Grhis, y seront associés Ludivine Voisin, Philippe Trélat et Anne-Marie Cheny.
Dan Ioan Muresan, en plus de préparer son HDR (La genèse du Constitutum Constantini dans le cadre de la politique byzantine en Italie au VIIIe siècle. Une relecture méditerranéenne), dont la soutenance est prévue en 2022, à l’Université Paris10-Nanterre, a plusieurs publications en préparation ainsi que des rencontres scientifiques, dans le cadre des réseaux de recherche européens dont il fait partie, en collaboration avec les institutions françaises à l’étranger (EFR, Casa de Velazquez), avec l’Académie des Sciences de Sofia et avec les universités de Madrid (Complutense), de la Basilicate; d’Edinbourgh; de Francfort sur le Maine; de Sarajevo; de Moscou (Univ. Lomonosov et Ecole des Hautes Etudes Economiques). En 2021 ou 2022, il sera conférencier invité à Moscou et, en 2022, il co-organisera une des Tables rondes officielles du 24e Congrès international des études byzantines, à Venise.

Certaines rencontres scientifiques qui auraient dû avoir lieu en 2020 ont été reprogrammées en 2021? en raison de la crise santitaire.
Anne – Marie Chény prépare le colloque qui aura lieu au CESR de Tours en 2021 (et qui aurait dû se tenir en 2020): “Le destin d’un manuscrit: Du vice et de la vertu de Constantinople à Tours via Chypre” et Stéphane Haffemayer prépare le prochain colloque de Cerisy-La-Salle, qui aurait dû se tenir du 20 au 27 août 2020 mais qui aura lieu en 2021, sur le thème Mazarinades et territoires.

Stéphane Haffemayer se propose de poursuivre ses recherches sur les rapports entre conflits et médias autour de deux thématiques principales : les usages de l’image dans la guerre, et les réseaux d’information franco-anglais en période de guerre. L’étude de l’iconographie des bannières fabriquées par les officiers parlementaires et royalistes pendant la guerre civile anglaise (années 1640-50) confirme le pouvoir performatif de l’image. Un premier inventaire de quelques centaines d’images est déjà constitué. L’iconographie des bannières traduit la prévalence d’antagonismes idéologiques fortement contextualisés, mais aussi la permanence d’un système de représentations inscrit dans le temps long : l’objectif est de comprendre, à partir de l’image, les modalités de la construction d’un imaginaire de la violence de guerre. Ce thème est susceptible de donner lieu à des collaborations trans-périodes et trans-axes entre les chercheurs du GRHis.

L’étude des réseaux d’information franco-anglais en période de guerre porte, pour le moment, sur les archives d’Eusèbe Renaudot qui fut, pendant vingt ans, le principal organisateur du réseau de renseignement au service de la politique française de restauration de Jacques II à la fin du XVIIe siècle. Ses mémoires et la correspondance diplomatique conservée au MAE sont le point d’accroche d’une étude plus large sur la question du journalisme et de l’espionnage dans les relations franco-anglaises au tournant du XVIIIe siècle. Ce thème dont la Normandie est le pivot est susceptible de donner lieu à des dépôts de projets de recherche collectifs.

Géraldine Vaughan prépare le colloque Jeunes chercheurs de la Ecclesiastical History Society, en partenariat avec l’ERIAC, qui était prévu les 14-15 mai 2020 à Rouen, mais qui aura lieu en 2021. Les actes des deux colloques de 2017 et 2018, qu’elle a co-organisés avec Claire Gheeraert-Graffeuille (laboratoire ERIAC, Rouen) et le GDR 3434/UMR 8596 sur l’anticatholicisme dans les îles britanniques à l’époque moderne et contemporaine doivent paraître prochainement sous le titre Anti-Catholicism in Britain and Ireland, 1600-2000 – Practices, Representations and Ideas, Series The Sacred and the Secular, Basingstoke, Palgrave Macmillan.

Pour 2021, elle a en préparation un colloque à l’Université de Rouen (en partenariat avec l’ERIAC et l’IUF) avec des collègues britanniques (Open University et University of Newcastle) sur l’anticatholicisme transatlantique.

Un doctorant, Charles-Alban Horvais, co-organisera une journée d’études, en 2021, sur Carthage, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Flaubert, en lien avec l’exposition sur Salammbô, qui aura lieu au Musée des Beaux-Arts de Rouen.