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Axe 1 – Patrimoines et modernités

Axe 1

Bilan 2015-2020

L’axe 1 « Patrimoine et modernités » (resp. Frédéric Cousinié, PR d’histoire de l’art moderne) est l’axe qui réunit le plus grand nombre de chercheur.e.s. Il fédère un ensemble d’EC aux spécialités variées – historiens, historiens de l’art, archéologues, musicologues – mais néanmoins unis autour de problématiques communes relevant, de façon large, du patrimoine et de la culture matérielle (objets de dévotion, bijoux, cartes postales, albums de familles, affiches, monuments funéraires et commémoratifs), et de façon plus spécifique, de l’architecture (des espaces cultuels aux prisons) et de l’espace urbain, de l’image, de la musique (et du son). Du fait de l’appartenance des membres de l’axe à différents Départements (Histoire et Musicologie) et de la réorganisation depuis 2015 des recherches en archéologie à l’Université de Rouen, le séminaire de l’axe 1 du Master Sciences historiques a été supprimé en 2017 et 2018 et a été réintroduit en 2019, avec la participation des historiens de l’art et des archéologues.

Les travaux des chercheurs se caractérisent d’abord par l’effort collaboratif interne qu’encourage le rassemblement au sein d’un même axe de diverses disciplines ou périodes : entre archéologues de spécialités différentes comme en témoigne par exemple le projet « Espaces urbains de production et histoire des techniques à Délos et à Pompéi » ; entre musicologues et historiens comme le démontre le colloque Rock et violences en Europe ; entre historiens de l’art, historiens et musicologues comme l’illustrent le colloque consacré à Duchamp dans sa ville, le colloque La Gloire de Dieu et des Princes en représentation dans l’Europe moderne, ou encore l’ouvrage écrit à deux mains par C. Maingon et M. Biard, etc. Ces collaborations et associations ont, ponctuellement, une dimension internationale affirmée, mais sans doute à intensifier, comme en témoignent les projets en archéologie autour de Pompéi, d’Herculanum ou du Dictionnaire raisonné multilingue des techniques dans l’Antiquité) ; les projets, en musicologie (Gaël Saint-Cricq), d’édition critique de sources ; les ouvrages écrits en collaboration de Pascal Dupuy avec des collègues britanniques et allemands ; ou encore, en histoire de l’art, la journée d’études consacrée à un sculpteur né à Rouen au XVIe siècle mais dont la carrière s’est déroulée au Portugal (Jehan de Rouen, architecte et sculpteur européen à la Renaissance). Le contexte régional est décisif pour la plus grande partie des chercheurs, de multiples collaborations associant l’Université au Musée des Beaux-Arts de Rouen, à l’Historial Jeanne d’Arc, à l’Opéra de Rouen, au FRAC, à l’Ecole d’architecture, à diverses collectivités locales (Métropole, villes de Rouen, Evreux, Caen, département de l’Eure pour l’archéologie, etc.). Un autre élément caractéristique de cet axe est l’importance desmultiples financements extérieursqui, décuplant les (maigres) financements internes du laboratoire, permettent véritablement d’impulser des projets d’envergure : École française de Rome (et d’Athènes) pour les archéologues, financements de la Métropole rouennaise pour les travaux et les thèses autour de l’Impressionnisme, relayés cette année par un considérable investissement dans le cadre d’un contrat État-Région ; financements régionaux (RIN) auxquels de très nombreux chercheurs de l’axe ont eu accès et qui est désormais un acteur décisif de la recherche en Normandie. Ces financements sont manifestement jugés plus accessibles que les ANR ou les financements européens, à la fois trop complexes en termes de candidatures et trop aléatoires en termes de résultats. L’ultime et décisive caractéristique, mais qui n’est pas propre à cet axe, est l’extrême productivité des chercheurs dont témoignent à la fois l’abondance et variété des manifestations engagées (colloques, journées d’études ou conférences, expositions), mais aussi l’extrême richesses des publications. On relèvera ici l’ouverture croissante vers les « humanités numériques » (bases de ressources, éditions électronique) : le portail « Dezede.org », consacré à l’histoire et à la chronologie des spectacles (inauguré en 2012), la bibliothèque numérique du projet SpectaNum (CORNUM) regroupant les ouvrages imprimés et manuscrits portant sur l’histoire des spectacles en province et à Paris ; les numérisations de la totalité des chartes cisterciennes antérieures à 1300 conservée en Normandie dans le cadre de l’ANR CharCis (pilotée en Normandie par Alexis Grelois) ; l’édition électronique du Registre des visites de l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud (1248-1269). ou encore, pour l’avenir, le projet RIN de F. Cousinié « Espace du spirituel en Normandie», en cours d’évaluation par la région.

L’Histoire de l’art est présente au sein du département d’histoire depuis 2010, grâce au recrutement d’un Professeur (Frédéric Cousinié, époque moderne) puis d’une Maîtresse de conférences (Claire Maingon, époque contemporaine). L’activité scientifique en histoire de l’art s’est structurée autour de plusieurs directions. L’une, engagée dès 2010 et poursuivie jusqu’à ce jour, concerne l’Impressionnisme. Les travaux engagés sont liés à la convention initiale (2010-2014 et 2014-2017) qui liait, avec un financement conséquent (plus de 70.000 euros par an, gérés par l’UFR et/ou le GRHis), la Métropole et l’Université afin que cette dernière puisse s’associer, via diverses actions (colloques, professeurs invités, financement doctoraux), aux projets des diverses éditions du festival « Normandie Impressionniste ». Durant la période 2015-2019, signalons en particulier la publication en 2016 du colloque« La Seine : une vallée, des imaginaires ; celle des actes de la journée d’études Les dessous, cela ne regarde personne : Face, revers et leurs interactions en peinture (1870 – 1900) ; celle du cycle de conférences « La lumière parle » : lumières et reflets, du Moyen Âge à l’art vidéo ; tandis que se tenait, la même année, le colloque sur Le Musée imaginaire des Impressionnistes (1860-1914) (en cours de publication au PURH). Durant cette période, deux nouvelles thèses ont été également soutenues : celle de Bénédicte Trémolières, Les cathédrales de Monet. Une histoire matérielle (soutenance décembre 2016), et celle d’Hadrien Viraben, Histoire de l’histoire de l’impressionnisme dans la première moitié du XXe siècle (soutenance novembre 2018, publication Presses du Réel, 2020/2021). Ces efforts se poursuivent : une nouvelle thèse, financée par la Métropole, a été engagée en 2018 (Noémie Picard, L’école de Rouen. La « normandité » de l’avant-garde), et un nouveau colloque est programmé pour l’édition 2020 du Festival « Normandie Impressionniste ». En conséquence des nouvelles orientations de la Métropole, les actions menées sont désormais beaucoup plus diversifiées. Elles concernent aussi de tout autres champs en rapport plus étroit avec les compétences plus spécifiques des EC de Rouen ou avec d’autres logiques liées notamment aux partenariats engagés avec les institutions artistiques locales, dont avant tout le Musée des Beaux-Arts de Rouen et sa programmation très riche. Signalons par exemple organisé par Frédéric Cousinié, le cycle de colloques intitulé Du corpus à l’exégèse : Interpréter la peinture du XVIIe siècle en France (cycle de trois colloques, novembre 2014- novembre 2016) (publication 2020) ; les deux journées d’études Connecteurs divins : Objets de dévotion en représentation dans l’Europe moderne (XVI-XVIIIe siècles) (2018, éd. 1 : 1, 2020), etc. Autre événement, en rapport immédiat avec l’actualité de la programmation du Musée des Beaux-Arts de Rouen, la co-organisation par Claire Maingon, en collaboration avec P.A. Castanet et J.F. Broche, du colloque Duchamp dans sa ville en juin 2018 ; ou encore, en rapport là aussi avec des acteurs locaux (Frac, Musée des Beaux-Arts, Ecole d’architecture), le colloque, co-organisé également par C. Maingon, Cultures en Normandie: le tournant du contemporain dans les années 1980? (Octobre 2015).
L’Archéologie est présente au sein du département d’Histoire grâce à plusieurs archéologues actifs sur le monde antique (grec et romain) et médiéval, dont deux d’entre eux sont intégrés dans le premier axe de notre laboratoire. Leurs activités scientifiques, centrées sur des questions d’espaces urbains, de peuplement, d’équipements et de techniques mais aussi d’architecture religieuse, se sont partagées entre la poursuite des dossiers engagés antérieurement dans des aires géographiques extra-normandes (nationales et internationales), et des projets, individuels ou collectifs, en lien étroit avec des dynamiques locales. Nicolas Monteix a ainsi poursuivi ses travaux concernant Pompéi (voir axe 2). Cet important chantier ne l’a pas empêché d’être également, financé par la Région Normandie, le co-directeur du programme de recherche « L’expérimentation, un matériau pour l’histoire ? »(Grand réseau de recherche ‘Culture et société en Normandie’, programme thématique ‘Patrimoine, mémoire, modernité’ ; programme triennal 2015-2018, 26.000€). Ces différents projets ont déjà donné lieu à d’importantes publications : le recueil L’expérimentation, un matériau pour l’histoire ?, ouvrage co-dirigé avec A. Poidevin (Rouen, 2019, PURH, « Changer d’époque ») ; une douzaine d’articles ou de chapitres d’ouvrages concernant Pompéi ou Herculanum. Dans un autre domaine, cette double orientation a aussi été celle de Mariacristina Varano sur l’époque médiévale. Là aussi, grâce à un soutien régional (RIN), elle a pu mettre en œuvre un projet intitulé Archéomatériaux, territoires et patrimoine, en collaboration avec l’UMR IDEES (Univ. De Rouen), le LITIS (Univ. De Rouen) et l’INRAP-Normandie, qui a permis le recrutement d’un post-doc entre 2017 et 2019. Récemment intégrée au sein du département (2014), l’essentiel de sa production scientifique a été consacré à la valorisation des travaux antérieurement engagés en Provence où elle enseignait : d’où une quinzaine de publications portant sur des sites étudiés dans le sud de la France. Les nouvelles directions de ses travaux (voir le volet projet) portent désormais également sur des chantiers normands étudiés grâce à de nombreuses et systématiques collaborations avec les acteurs locaux.
Musicologie. Trois enseignants chercheurs musicologues ont intégré l’axe 1 de notre laboratoire, couvrant l’époque contemporaine de la fin du XVIIIe siècle à jours (Joann Elart, Pierre-Albert Castanet), et la période médiévale (Gaël Saint- Cricq), dans des travaux portant aussi bien sur les musiques « savantes » que « populaires » (chansons, rock, etc.). Un point fort de la programmation scientifique est associé à l’accueil par l’Université et notre laboratoire du Centre Iannis Xenakis (CIX) auquel sont associées de très nombreuses manifestations. Entre 2015 et 2019, ce ne sont pas moins de 12 journées d’études et de 5 colloques qui ont été ainsi organisés ou co-organisés par P.A. Castanet dans le champ de la musique contemporaine, faisant de ce domaine l’un des plus actifs et reconnus au niveau national et international, ouvert à de multiples partenariats (Musée des Beaux-Arts de Rouen, Opéra de Rouen, Ecole d’architecture de Rouen, CNSMD de Paris, universités, etc.), comme à d’autres disciplines (dont l’histoire de l’art, associée à plusieurs projets). Nous mentionnerons notammentle colloque international surLe Continuum & son développement en musique et en architecture – The Continuum & its development in music and architecture, Université de Rouen / Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie en 2015 ; et les colloques consacrés à Hans Zimmer en 2017 ; à Giacinto Scelsi en 2018 et, l’année suivante, à Musiques, Mondialisation et Sociétés (GRHIS / Dysolab) (Université de Rouen Normandie). Un même activisme caractérise les travaux de Joann Elart, particulièrement investi dans des projets collectifs, à la fois locaux (dont l’Opéra de Rouen au XIXe siècle) et nationaux, avec une forte et précieuse orientation sur lesdites « humanités numériques » et plusieurs collaborations avec les collègues historiens (dont Pascal Dupuy). Relevons ici, les projets liés à Nicolas Dezède, compositeur du XVIIIe siècle, auquel ont été consacré deux colloques
en 2015 et 2016, plusieurs « ateliers », mais aussi une importante et originale ressource numérique open-source (Dezede.org), un portail consacré à l’histoire et à la chronologie des spectacles, inauguré en 2012. Cette activité s’est depuis amplifiée avec l’implication de ce chercheur dans le volet « Bibliothèque » du projet SpectaNum (RIN-CORNUM) créant une Bibliothèque numérique regroupant les ouvrages imprimés et manuscrits portant sur l’histoire des spectacles en province et à Paris. Joann Elart a par ailleurs co-dirigé les importants volumes collectifs Nouvelles perspectives sur les spectacles en province (XVIIIe-XIXe siècle) (Rouen, PURH, coll. « Changer d’époque », n° 31, 2018) et Rock et violences en Europe (Criminocorpus-Revue hypermedia, 2018). On soulignera aussi l’implication « sociétale » du chercheur, qui est fortement impliqué dans des activités de médiations et de vulgarisation par le biais de ses très nombreuses contributions aux programmes de salle à l’Opéra de Rouen Normandie, depuis 2015. Loin du Rock, mais tout aussi décisives, sont les recherches engagées par Gaël Saint-Cricq pour la musique médiévale, où la publication d’articles, de recensions et de nombreuses conférences, alterne avec un important travail d’édition de sources où il faut signaler l’édition des Motets from the Chansonnier de Noailles (Middleton : A-R editions, 2017), à laquelle suivra en 2020 celle des motets de Robert de Reims : Robert de Reims : Songs and Motets, Penn State University Press, 2020.
L’Histoire. Prenant la suite des travaux impulsés par Jean-Claude Vimont sur le patrimoine carcéral, Marc André, nouvellement recruté, et co-responsable du Master Patrimoine, poursuit ces recherches en les croisant avec ses préoccupations propres sur le Maghreb et les prisons coloniales : en témoigne, dès 2019, la journée d’études Le Maghreb et les prisons coloniales françaises : histoire, mémoire, patrimoine, et ses nombreux articles sur le sujet. L’intérêt pour la culture matérielle et l’histoire des représentations est aussi illustré par ses travaux sur « l’album de famille » et, plus généralement, la photographie ou encore les cimetières. La question patrimoniale est aussi au cœur des recherches de Rémi Dalisson, en lien notamment avec les lieux, objets et espaces mémoriels attachés aux grands conflits des XIXe et XXe siècles. D’où, par exemple, et recoupant des travaux de plusieurs collègues, ses travaux sur les cimetières, les monuments aux morts et les rites funéraires, la carte postale, les commémorations (dont celles associées à la Guerre d’Algérie), les fêtes et la propagande, qui l’amènent à prendre en compte des objets extrêmement variés (hymne pétainiste, affiche, etc.). En termes de restitution de la recherche, signalons, aux côtés des ouvrages personnels, articles et conférences, le commissariat de l’exposition à la bibliothèque Villon de Rouen, « Petits papiers pour une grande guerre » (octobre 2018-janvier 2020), autre effort de « restitution » publique des savoirs universitaires. Les travaux de Pascal Dupuy sur la caricature en Grande Bretagne et Europe de la fin du XVIIIe siècle s’inscrivent encore parfaitement dans cet axe et ont donné lieu à une demi-douzaine d’articles sur la gravure révolutionnaire depuis 2015. D’autres travaux portant sur les caricatures de Napoléon ont trouvé une expression publique originale dans l’exposition du musée de Boulogne-sur-Mer (juin-novembre 2018) intitulée L’arme à l’œil, Napoléon par la caricature. Entre autres directions de recherches de l’auteur, celle portant sur l’histoire des représentations et des imaginaires politiques a donné lieu à d’importantes publications où il faut signaler par exemple Waage, Wippe (Balance/balançoire) et Revolutionär (Révolutionnaire) dans Rolf Reichardt (dir.), Lexikon der Revolutions-Ikonographie in der europäischen Druckgraphik, LRI, 2017, 3 volumes, Vol. 3, p. 1890-1995 et p. 2020-2035. La dimension collective et participative de la recherche est encore ici pleinement illustrée par l’organisation de deux journées d’études et d’un colloque : Rock et Violences (en collaboration avec Joann Elart), en 2017 (actes en ligne). Indiquons encore, outre un ouvrage personnel publié en 2019, l’important travail de traduction de P. Dupuy qui contribue à mieux faire connaître en France l’actualité de la recherche anglo-saxonne : ou encore ses activités éditoriales avec la direction de la collection, consacrée aux caricatures, de Charivari, aux PURH : 2 titres depuis 2015, un nouveau prévu en 2020. Les réalités architecturales et urbaines, très présente dans l’axe et notamment les archéologues, sont aussi illustrés par les travaux du médiéviste Alexis Grelois sur les cisterciens, dont il contribue à promouvoir le patrimoine à une échelle nationale et européenne : indiquons ici « Au Mont-Dieu ou dans le Val d’Absinthe ? Le lieu idéal de l’expérience spirituelle comme point de divergence entre Guillaume de Saint-Thierry et Bernard de Clairvaux », Cîteaux – commentarii cistercienses, 69 (2018), p. 83-100 ; ou Argenteuil, une abbaye dans la ville, Argenteuil/Colombelles, Ville d’Argenteuil/Édition du Valhermeil, 2015 (avec Jean-Paul Mirbelle). Rappelons encore son implication dans la célébration nationale de la fondation de Clairvaux (1115-2015), en tant que membre du comité scientifique de pilotage des diverses manifestations labellisées à cette occasion. Indiquons aussi l’implication du chercheur dans des projets nationaux (ANR CharCis, coresponsable pour la Normandie, 2013-2016, avec numérisation de la totalité des chartes cisterciennes antérieures à 1300 conservées en Normandie), ou régionaux (RIN : NORECRIT, 2018-2020, un post-doc d’un an en 2018-2019, avec édition électronique par Lise Levieux du Registre des visites de l’archevêque de Rouen Eudes Rigaud (1248-1269). On retrouverait les mêmes implications dans les travaux d’Elisabeth Lalou, cheville ouvrière de cet axe comme du laboratoire, depuis partie à la retraite. Indiquons là aussi l’implication dans 2 RIN (2019-22) : NORECRIT (Écrits normands Rouen-Caen, avec recrutement post-doc) etCONDE (Coutume de Normandie), et ses propres nombreux travaux sur les questions patrimoniales concernant, par exemple, le livre imprimé à Rouen au XVIe siècle ou l’histoire de Rouen (journées d’études), les manuscrits normands (pub. 2020), les tablettes de cire, le théâtre médiéval, ses travaux en tant qu’éditrices de sources et documents (dont sa participation au MPMA Monumenta palaeographica Medii Aevi. Brepols), etc. Enfin, s’agissant de Lydwine Scordia, ses intérêts l’on porté vers des domaines apparemment éloignés des priorités de l’axe 1 (les relations entre gouvernants et gouvernés, l’impôt moderne et la théorie fiscale). Mais c’est ce type d’études qui l’a amenée notamment à s’intéresser à un manuscrit du XVe siècle, Le Livre des trois âges, dont les miniatures ont donné lieu à une étude publiée en 2010. Cet intérêt pour l’image et le livre s’est aussi déployé dans la publication collective Images, pouvoirs et normes. Exégèse visuelle de la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVesiècles), codir. Lydwine Scordia (Paris, Garnier, 2018) ; ou encore dans son étude sur « Le tombeau de Louis XI à Notre-Dame de Cléry : un unicum dans l’histoire de l’art funéraire royal. Fondation, croyances et reconstitution », Loci Sepulcralis. Pantheons and other places of memory and burial in the Middle Ages, Batalha, 21-23 septembre 2017.

Projet 2021-2026

PROJETS de l’axe 1 : Patrimoine et modernités Responsables: Frédéric Cousinié et Mariacristina Varano

La direction principale de l’activité en Histoire de l’art depuis 2010, axée sur l’Impressionnisme, va connaître un nouveau, et sans doute ultime, prolongement : l’organisation, financée par un contrat Etat-Région (80 000 euros) en association avec l’Université de Paris Nanterre, d’un important colloque international intitulé « Collectionner l’Impressionnisme ». Cette orientation régionale donnée aux recherches sur ce courant artistique s’est aussi traduite par le recrutement d’une doctorante en 2018, Noémie Picard, qui poursuivra sa thèse sur l’Ecole de Rouen, financée par la Métropole (environ 30 000 euros/an). De nouvelles directions de recherche collective seront désormais privilégiées. Sous l’impulsion de F. Cousinié, deux chantiers avaient été ouverts dont la réalisation est cependant conditionnée par l’obtention de crédits régionaux (RIN 2020). Le premier projet, associant historiens de l’art, linguiste et ingénieurs informaticiens, avait le but de mieux articuler l’histoire de l’art et les opportunités technologiques ouvertes par les « humanités numériques ». Il sera malheureusement reformulé ou abandonné, suite au décès, à cause du Covid-19, du principal porteur, Dominique Boutet, MCF en linguistique. Le second projet est intitulé « Espace du spirituel dans la Normandie Baroque » voudrait reconsidérer l’héritage, 35 ans après, de l’exposition historique La peinture d’inspiration religieuse à Rouen au temps de Pierre Corneille (1606-1684) qui a révélé l’extraordinaire richesse et qualité du patrimoine religieux en Haute-Normandie. De son côté, Claire Maingon, qui doit consacrer désormais une grande partie de son temps à la préparation de son HDR, poursuivra la direction de la revue Sculpture tout en envisageant un projet collectif sur le thème de « 1925 en Normandie », en collaboration avec différents collègues et institutions locales.

Archéologie

Suite à la réorganisation, dans le prochain quinquennal, de l’Axe 2, dont les recherches seront recentrées sur l’histoire économique et sociale et l’histoire du travail et de la culture matérielle, les archéologues spécialistes des périodes grecque et romaine, Nicolas Monteix et Enora Le Quéré auront comme affiliation principale l’Axe 2.

En archéologie médiévale, M.C. Varano entend valoriser les résultats du projet Archéomatériaux (colloque initialement prévu en mars 2020, déplacé à l’automne si les circonstances le permettent) et poursuivre leschantiers provençaux engagés (le site castral Notre-Dame à Allemagne-en-Provence), jusqu’en 2021. Par ailleurs, l’implication locale, esquissé depuis 2014, est désormais privilégiée. D’une part par l’engagement d’un programme pluriannuel de fouilles concernant le site de l’ancienne église Notre-Dame-d’Outre-l’Eau à Rugles (27) à partir de 2020. D’autre part via toute une série de collaborations et de partenariats avec les géographes (géologues et géomorphologues) du laboratoire IDEES, Univ. Rouen ; avec l’UDAP de l’Eure ; avec l’INRAP-Normandie (convention avec l’Université de Rouen) ; avec le SRA (DRAC) (convention avec l’Université de Rouen) pour l’organisation des Journées archéologiques régionales, avec la MADE (Vieil Evreux) (convention avec l’Université de Rouen envisagée) et avec les archéologues du CRAHAM (Caen). Un nouveau projet RIN est également à l’étude, autour du peuplement alto-médiéval en Normandie.

Musicologie. Gaël Saint-Cricq va poursuivre et amplifier ses travaux portant sur la musique et la poésie de la fin du XIIe siècle à la première moitié du XIVe, sur la chanson vernaculaire du XIIIesiècle, sur l’investigation historico-analytique et l’édition critique des sources musicales des XIIIeet XIVesiècles, ou sur la notion de compositeur au Moyen Âge. Plusieurs projets sont en effet annoncés dont l’organisation, avec Catherine A. Bradley (Université d’Oslo), d’un colloque international « Parisian Music beyond Paris 1200-1350 » au Center of Advanced Studies d’Oslo en mai 2021, qui sera soutenu par le laboratoire. Par ailleurs, un ouvrage collectif est en cours, intitulé Composers in the Middle Ages (Boydell & Brewer, prévu en 2021 ou 2022), le chercheur poursuivant son travail d’édition critique de sources avec la publication prévue d’un manuscrit du XIVe siècle : An Introduction, Facsimile Reproduction, and Critical Edition of Turin Biblioteca reale varia 42 (Libreria Italiana Musicale, 2022), qu’accompagnera un numéro spécial de la revue Early Music. Même continuité chez Johann Elart qui, outre la préparation de son HDR (De la popularité à la postérité : le cas de Boieldieu en France), va poursuivre le projet « Dezède » (avec atelier annuel à la Fondation Royaumont), le projet « Spectanum » (RIN Cornum) (avec reconstitution des programmes des concerts de l’Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie de 1998 à nos jours). Le volet « numérique » va par ailleurs s’étendre avec un nouveau projet, joliment intitulé « Florine » (2022- 2026), revue en ligne sur l’histoire du spectacle vivant. Trois colloques sont déjà engagés, dont l’un, Rock against : rebellions et contestations en Europe, poursuit l’entreprise engagée avec grand succès en 2017, tandis que plusieurs publications sont par ailleurs attendues, dont celles, d’ordre plus documentaire et patrimonial, du Catalogue du fonds Camille Saint-Saëns conservé à Dieppe (PURH, collection Patrimoine musical régional, 2021-2023), et de la Chronologie du Théâtre des Arts de Rouen (2022-2026). S’agissant de la musique contemporaine, un rendez-vous déterminant est celui lié au centenaire de Xénakis qui donnera lieu à un important colloque en 2022, un autre colloque interdisciplinaire devant s’interroger, en 2012, sur les rapports entre musique et philosophie (Résonance Philosophie/Musique, en collaboration avec l’université de Lyon). P.A. Castanet a lancé par ailleurs une demande ANR (2020, Upisketch (Centre Xenakis / GRHIS).

Histoire. Marc André va poursuivre les travaux engagés depuis son recrutement à Rouen autour du patrimoine carcéral, notamment par un ouvrage désormais achevé Anatomie des ombres. La guerre d’Algérie, Vichy et la gestapo à Fort Montluc (l’histoire de la prison, sa mise en patrimoine, la question du genre), et la direction d’un numéro spécial de revue : “Casser, casseurs, cassures” (Raison Présente, 2020/4). De son côté, Rémi Dalisson poursuit ses travaux sur la patrimonialisation et la politique commémorative, à travers le cas de Jeanne d’Arc (colloques de Rouen et Orléans en 2020) et aimerait, à 3 ans de sa retraite, insuffler de nouvelles pistes dont pourront s’emparer de jeunes chercheurs : patrimoine commémoratif et festif local, le refoulé d’un « patrimoine mental » lié aux immenses destructions, matérielles et humaines, de 44 en Normandie (20 000 mots « tabous » au Havre), la place, et les contradictions, du culte (matériel et immatériel) de la résistance. Quant à Pascal Dupuy, nombreux sont les projets annoncés : outre l’organisation en 2022 du second volet du colloque Rock against : engagement politique et actions humanitaires dans la musique populaire, signalons, entre autres, la publication en 2010 des actes de la journée d’études Modes de circulation des images entre 1750 et 1848 : représentation, politique et diffusion, et d’un catalogue des caricatures européennes portant sur le Congrès de Vienne, rédigé en collaboration avec Eric Leroy du Cardonnoy et publié dans la collection “Charivari” aux PURH.
Alexis Grélois, envisage, dans la continuité de ses activités antérieures, de participer en tant que membre d’un comité scientifique de trois historiens, à la refonte de la visite patrimoniale de l’abbaye de Noirlac (Cher), occupée par un Centre Culturel de Rencontres : ce site cherche à étendre le public de ses visites patrimoniales et à le faire adhérer à son projet axé sur l’écoute et le silence dans l’art contemporain. Enfin, Lydwine Scordia, outre la poursuite de ses recherches sur les tabellionages normands, poursuit des travaux sur un autre traité du XVe siècle : le Rosier des guerres, et envisage un projet en deux sessions à l’Historial de Rouen : Des léopards aux fleurs de lys : la Normandie (XIVe-XVIe siècle), co-direction Amable Sablon du Corail, Lydwine Scordia, Laurent Vissière (2020-22).