Médias

Archives

Axe 6 – Humanités numériques

Projet 2021-2026 : un nouvel axe transversal Humanités numériques
Responsables: Joann Elart, Alexis Grélois, François Delisle

Le nouvel axe transversal se propose de promouvoir et coordonner les projets en Humanités numériques des EC du GRHIS. Celles-ci sont présentes au GRHIS depuis fort longtemps, comme en témoignent par exemple les travaux d’Elisabeth Lalou et Alexis Grélois concernant l’édition des textes médiévaux normands tels que les projets ENORME (comprenant la constitution d’une base de données sur le tabellionage) de 2008 à 2012 et DocExplore (feuilleteur numérique de manuscrits) de 2011 à 2014 ; ou bien l’investissement de Jean-Claude Vimont dans la plateforme francophone de publication scientifique en ligne sur l’histoire de la justice, Criminocorpus, dont il a été l’un des initiateurs ; ou bien encore, en musicologie, le projet Dezède, base de données multilingue en ligne constituant une ressource numérique opensource ainsi qu’un outil de recherche et de valorisation, maintenant hébergée par la TGIR Humanum ; ou enfin les archives du Centre Iannis Xenakis, numérisées en 2011, dont les métadonnées ont été pensées dès l’origine pour être moissonnées.

Cette exploration des possibilités offertes par les outils numériques s’est intensifiée lors du dernier quadriennal, avec la participation d’Alexis Grélois à l’ANR Charcis (édition des chartes cisterciennes) de 2013 à 2016 et au programme HAR Lemacist II « Libros, memoria y archivos : cultura escrita en monasterios cistercienses (siglos XII-XIII) », HAR2017-82099- P, (2018-2021), Programa estatal de fomento de la investigación cientifica y técnica de excelencia, cofinancé par le ministère espagnol de l’Innovation et par le FEDER (équivalent d’une ANR), qui porte aussi sur l’édition de chartes cisterciennes espagnoles; ainsi que, avec Elisabeth Lalou, au projet RIN NORECRIT (2018- 2020). Toujours dans le domaine de l’édition des textes, le projet EUROSOC (2016- 2018), porté par Jean-Numa Ducange, visait notamment à mettre à disposition sous forme numérique des documents et archives rares voire inédits sur l’histoire des socialismes et à constituer un outil bibliographique multilingue. Enfin, Joann Elart (avec Yannick Simon, du CEREDI) est porteur du projet SPECTANUM, une bibliothèque numérique regroupant les ouvrages imprimés et manuscrits sur l’histoire des spectacles en province et à Paris, dans le cadre du projet RIN COR.NUM (2019-2021) de l’IRIHS.

A côté de ces activités de diffusion et valorisations, de récents projets ont nécessités de nouvelles compétences et savoir-faire en production et traitement de données : l’exploitation des données Lidar pour un chantier de fouilles à Allemagne-en-Provence, ont ainsi pu bénéficier au RIN ATP pour explorer les différents types de données 3D (lasergrammétrie, photogrammétrie, modélisation) et acquérir des scènes en 3 dimensions. Ce projet a par ailleurs été l’occasion de s’aventurer du côté des modèles multi-agent (en lien avec le LITIS et l’UMR Idées) afin de comprendre les logiques de diffusion d’archéomatériaux (pierre de taille et céramique) en Haute-Normandie aux époques antiques et médiévales.

Le projet GAWS (A. Bellavitis) a aussi été riche d’enseignement, avec notamment un versant ontologie et web sémantique. Sa base de données de 55’000 contrats d’apprentissage a été crée à partir des registres de la magistrature vénitienne de la Giustizia Vecchia grâce à un outil informatique d’annotation élaboré par le DhLAb de l’EPFL. Ce travail complexe a permis de prendre conscience de l’importance d’un modèle de données en adéquation avec les objectifs de la recherche. La base ainsi constituée a pu faire l’objet de traitements statistiques au GRHis et les résultats ont été présentés lors du colloque de conclusion.

D’un point de vue thématique, ce travail est actuellement complété par la constitution d’un outil d’exploration des registres de corporations vénitiennes qui ont été numérisées dans le cadre de COR.NUM. (Projet MAR.VEN. -2019- 2021- A. Bellavitis). Actuellement sous la forme d’une base de données relationnelle, une nouvelle étape consiste à exploiter les possibilités offertes par le XML (grâce à l’expertise apportée par les ingénieurs de l’Irihs) pour en faire un outil interrogeable en ligne. Ce projet devrait être poursuivi dans le prochain quinquennal, en collaboration avec le Centre de recherche RI.VE. (Rinascimenti Veneziani) et le Center in Digital Humanities de l’Université de Venise Ca’ Foscari.

Parmi les projets démarrant en 2020, soulignons le projet “Abrico 2” retenu dans le cadre de l’appel “Collex Persee”, projet initié par la MSH de Dijon présidé par Jean Vigreux et auquel le GRHis a été associé. Il s’agit d’un vaste projet de numérisation des sources de l’histoire sociale et politique de l’histoire du communisme. Dans ce cadre, Jean-Numa Ducange aura en charge le suivi de plusieurs thématiques, notamment la numérisation de périodiques rares et dispersés en rapport avec l’histoire du marxisme.

Enfin, la présence, depuis 2014, d’un ingénieur d’études formé aux Systèmes d’Information Géographiques, intervenant en support des recherches individuelles des membres du laboratoire, a abouti à la production de plusieurs centaines de jeux de données spatialisés.

Devant la diversité des pratiques accumulées depuis maintenant plus d’une décennie, la création de cet axe transversal a pour objectif de concrétiser ces expériences en suivant ces pistes principales :

  • Appliquer les principes d’archivage et d’indexation à l’ensemble des données produites, qu’elles le soient dans le cadre de projets ou de recherches individuelles. A cette fin, il est envisagé de créer un entrepôt numérique respectant le protocole OAI-PMH (tirant en cela profit du savoir acquis dans le cadre de MAR.VEN) permettant de pérenniser les données “grises” du laboratoire sur le long terme  ;
  • Encourager l’utilisation des outils numériques par la mise en place d’ateliers à destination des enseignants-chercheurs, doctorants et étudiants ;
  • Produire des jeux de données génériques qui puissent profiter au plus grand nombre, notamment en proposant aux étudiants de Master des stages encadrés au sein du laboratoire, ayant une dimension numérique. Il est aussi prévu que ces stages permettent de faire des expérimentations en photogrammétrie afin d’en améliorer la pratique ;

Sur la base de ces expériences, et grâce à la présence pérenne au GRHIS d’un IE, d’autres projets seront développés dans les années à venir, en lien notamment avec le nouvel axe Humanités numériques de l’IRIHS.