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Axe 3 – Guerres, frontières, impérialismes

Membres permanents : Anna Bellavitis, Michel Biard, Raphaëlle Branche, Pierre Cosme (coord.), Gilles Grivaud (coord.), Laurent Lemarchand, Dan Ioan Muresan, Géraldine Vaughan, Michèle Virol (coord.).

Les thèmes étudiés dans cet axe se recoupent en offrant des approches réalisées sur des jeux d’échelles distincts. À travers le thème des frontières, on interroge les modalités de l’acculturation à l’échelle locale, dans des régions où se développent les contacts entre systèmes de valeurs hétérogènes. Le sujet des guerres aborde plus largement l’étude des méthodes de la guerre, la formation du récit de guerre et la culture de la violence. Enfin, la réflexion sur les impérialismes prend plus de hauteur pour considérer les structures idéologiques menant et légitimant une domination territoriale de nature continentale.
Pour les quatre périodes considérées – histoire ancienne, histoire médiévale, histoire moderne, histoire contemporaine – les frontières seront placées au centre d’une réflexion, en lien avec les conflits, sur leurs définitions et les mesures adoptées pour les faire respecter, notamment à la suite de traités négociés. Ces frontières ont-elles joué un rôle central dans les déclenchements des conflits ? Leurs modifications ont-elles été décisives dans le rapport de domination sur les territoires terrestres et maritimes ? Que signifie le terme de frontière dans les rivalités commerciales et coloniales observées dans les cadres distincts que constituent l’Empire romain, l’Empire byzantin, le domaine colonial vénitien, l’Empire ottoman, les puissances européennes des XVIe-XVIIIe siècles investissant l’Amérique, l’Afrique et l’Asie, les empires coloniaux contemporains, français ou britannique ?

* Frontières

Considérées comme des zones possédant un dynamisme culturel spécifique, les régions formant frontières entre deux ou plusieurs systèmes civilisationnels continuent de faire l’objet de recherches continues. Celles-ci portent les formes prises par l’acculturation dans les pays de la Méditerranée orientale du XIIe au XVIe siècle, dominés par les Francs, les Italiens et les Grecs ; l’historiographie classique présentait les relations sous un angle résolument conflictuel, alors que désormais les phénomènes d’interaction sont privilégiés.
L’accent sera mis sur la transmission des techniques administratives et fiscales, sur les constructions identitaires, particulièrement intéressantes en ce qui concerne l’identité franque transplantée en Orient. La dimension religieuse des relations entre Grecs et Latins appelle également des analyses, qui reposeront autant sur la littérature polémique que sur les monuments, dont les archéologues ne cessent de mettre au jour les vestiges.

* Guerres

La réflexion distinguera deux niveaux d’analyse ; en un premier temps, l’histoire des sociétés frontalières sera examinée à travers les relations établies entre civils et militaires, en abordant les concepts de brutalisation des sociétés et de culture de guerre, en insistant sur la condition et le traitement des prisonniers et des otages.
Les sources écrites sur la préparation et la conduite de la guerre représentent le second thème de recherche ; les récits sur les guerres de siège méritent un surcroît d’attention, par le fait que l’approche diachronique révèle les constantes et les différences des expériences des militaires et des civils. Les traités d’art militaire forment une autre catégorie de sources appelant des analyses attentives, dans la mesure où ce genre, né dans l’Antiquité, se reproduit, se complète et se transforme jusqu’à l’époque contemporaine.

* Impérialismes

L’étude comparée des empires médiévaux, ou « impériologie », mène à étudier les empires dans leur spécificité historique, en particulier par rapport aux États-nations de l’époque moderne. Pour l’époque médiévale, il convient d’approcher les phénomènes d’hybridation entre Empire et Église, en insistant sur l’héritage romain, de considérer les transferts idéologiques de l’Empire byzantin vers l’Empire romain-germanique, l’Europe de l’Est et l’Empire ottoman. Enfin, la question des thalassocraties au Moyen Âge permettra d’approcher les fondements matériels des formes de domination.
Pour la période contemporaine, l’idéologie de l’impérialisme britannique mène à considérer le facteur identitaire religieux comme déterminant dans la formation de la Britishness. Dans ce cadre, l’étude de l’anticatholicisme apparaît comme l’une des composantes clefs de la Britishness, au Royaume-Uni et dans certains Dominions (Canada, Australie et Nouvelle-Zélande) des années 1880 aux années 1930. Le projet s’inscrit à la croisée de l’histoire sociale du religieux, de l’histoire des migrations et de l’histoire impériale (dans le sillage de l’école de la New Imperial History). Les principaux thèmes abordés sont le développement et la mise en réseau de sociétés ultra-protestantes (féminines et masculines) dans un cadre impérial ; la relation complexe qu’entretiennent l’Église catholique et l’Empire britannique ; la simultanéité des discours anti-irlandais et anti-catholique et les liens opérés entre identité britannique et identité impériale.