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Axe 5 – Genre, familles, générations

Membres permanents : Ludivine Bantigny, Anna Bellavitis (coord.), Nadine Bernard, Raphaëlle Branche (coord.), Alexis Grélois.

La nouvelle configuration de l’axe, suite à l’arrivée de R. Branche, a renforcé la dimension internationale des recherches de cet axe et amène ses membres à privilégier, pour les années à venir, l’approche politique et l’approche économique et sociale à l’histoire du genre et de la famille. Le projet de Doctorat international se poursuivra sous une nouvelle forme, suite à la réorganisation du Doctorat en histoire du genre de l’Université de Naples-L’Orientale, qui le portait. Dans les prochaines années, grâce aussi aux financements qui seront rendus disponibles par la nomination d’A. Bellavitis comme membre senior de l’IUF (2014-2019), seront organisées régulièrement – à l’Université de Rouen ou ailleurs – des semaines de formation, ouvertes à des étudiant-e-s sélectionné-e-s sur la base d’un appel à candidature international. Ces initiatives bénéficieront également de la participation de R. Branche à un réseau européen Innovative Training Network, un moyen mis à disposition par l’Union Européenne, sur la base d’un appel à projets, pour financer la mobilité des doctorant-e-s et des formations doctorales internationales et interdisciplinaires.
Suite au colloque « Le genre de l’engagement dans les années 1968 » organisé à Rouen en juin 2014, une publication aux Presses Universitaires de Rennes est prévue en 2015, dirigée par L. Bantigny, F. Bugnon et F. Gallot, regroupant des chapitres rédigés par des chercheuses et chercheurs de nombreux pays. Le colloque, bien que portant sur le genre, a mis davantage l’accent sur les femmes que sur les hommes ; la publication s’efforcera de réintroduire un relatif équilibre. La rencontre a également montré la richesse de l’intersectionnalité sur un tel sujet (croisement des appartenances de type classe, genre, « race », âge, génération…). Enfin, si circulations internationales il y a, la publication y réfléchira en ces termes (transferts, réappropriations, modifications des références dans la mesure même où elles circulent). L. Bantigny poursuivra ses travaux sur l’histoire des générations et du genre. Plusieurs axes structurent actuellement ses recherches : le rapport entre conscience historique, temporalités de l’événement et formations de générations politiques, notamment autour de 1968, et les différentes formes de féminismes durant les années 1970, étudiées « par le bas », et notamment par la constitution de « groupes femmes », de quartiers, d’entreprises ou d’universités, qui permettent de saisir la socialisation politique, la formation des revendications comme les pratiques concrètes des terrains d’engagement. Ces féminismes sont envisagés dans une perspective transnationale, dans le prolongement de rencontres scientifiques organisées par l’Université franco-allemande/Deutsch-Französische Hochschule.
Dans le cadre du réseau européen Innovative Training Network consacré aux enfants nés de la guerre, R. Branche organisera des formations pluridisciplinaires et dirigera des travaux sur trois conflits : la guerre d’Indochine, la guerre du Vietnam et la guerre d’Algérie. Dans les deux conflits asiatiques l’existence d’un nombre important d’enfants de père européen (souvent militaire) et de mère indigène amena la puissance coloniale à s’en préoccuper en particulier à l’issue de ces conflits perdus. Mais les études devront aussi être menées dans les pays d’origine des mères afin d’analyser leur place dans la société coloniale et leur devenir après, en corrélation ou non avec celui de leurs enfants. Parallèlement, R. Branche travaillera dans le cadre du collectif sur « Gender and War » visant à réaliser un Oxford Handbook sur le sujet d’ici 2017. Elle interrogera la manière dont les guerres de libération influencèrent les rapports de genre dans les sociétés colonisées comme dans les relations entre colonisés et colonisateurs pendant le conflit. A côté du genre, une structuration selon l’âge apparaît également déterminante. Enfin, R. Branche poursuivra ses recherches sur la transmission de l’expérience de guerre dans les familles et notamment au sein des fratries. Ce dernier aspect devrait être, de manière plus large, et d’ici quelques années l’objet d’un livre sur « Une histoire des frères et des sœurs au XXe siècle ».
Les projets dans le domaine économique et social sont des éléments du projet d’A. Bellavitis Genre, droits, économie de la fin du Moyen Âge à la fin de l’époque moderne : une comparaison entre Europe Méditerranéenne et Europe du Nord, accepté par l’IUF (2014-2019). Le programme de recherche de l’École Française de Rome Travail en famille, travail non rémunéré. Formes et acteurs du travail domestique productif en Europe (XVe-XXIe siècle), sera continué jusqu’à la fin du quinquennal de l’EFR, en 2016. Les communications présentées lors du colloque international de 2014 seront publiées dans un numéro des MEFRIM et dans un volume collectif en anglais. La suite du programme prévoit l’organisation d’ateliers de recherche, ainsi que la participation au congrès international d’histoire économique de Kyoto en 2015, en collaboration avec la Casa de Velázquez et notamment avec les porteurs du projet Mondes et marchés du travail dans l’Europe du Sud. Capabilités, vulnérabilités individuelles, familiales et collectives (XVe-XXIe siècles ; Espagne, France, Italie, Portugal, Suisse Romande et italienne). En étroite collaboration avec des universités et institutions françaises et européennes (Universités de Lille3 et de Venise-Ca’ Foscari ; Archives d’État-Venise ; EPHE-Paris ; Ecole Polytechnique Fédérale-Lausanne ; Fondation Giorgio Cini -Venise ; Universités de Rijeka, Ljubljana et Warwick), A. Bellavitis co-dirigera, avec F. Kaplan (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne-EPFL) et V. Sapienza (Université de Lille3) au projet GAWS. Garzoni : Apprenticeship, Work, Society, qui a obtenu, dans le cadre de l’appel à projets ANR/FNS 2014, un financement de 216 000 CHF du côté du Fonds National de la Recherche Suisse et de 209 000 €, du côté de l’ANR. Le GRHis aura à gérer un poste d’ingénieur de recherche dans le cadre du projet. Le projet, le seul en sciences humaines qui a été financé en 2014, est à la pointe des Digital Humanities et en lien étroit avec le Venice Time Machine, projet de numérisation des Archives d’État de Venise, piloté par l’EPFL. Il s’agit de produire plusieurs bases de données, interactives, à partir de l’étude de 60 000 contrats d’apprentissage, conservés aux Archives de Venise pour l’époque moderne. En collaboration avec les Universités de Cambridge, Uppsala, Leiden et Barcelone, A. Bellavitis co-dirigera le projet Producing Change: Gender and Work in Early Modern Europe, porté par l’Université de Glasgow, qui se propose d’étudier la participation des femmes à l’économie, dans l’Europe moderne. Le projet a passé la première sélection à la Fondation Leverhulme (UK) ; la réponse définitive est attendue pour mars 2015.