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Axe 4 – Révolution française, révolutions des XIXe-XXIe siècles

Membres permanents : Ludivine Bantigny, Michel Biard (coord.), Yannick Bosc, Déborah Cohen, Rémi Dalisson, Jean-Numa Ducange (coord.), Pascal Dupuy, Jean-Yves Frétigné, Laurent Lemarchand.

S’appuyant sur une longue tradition d’études révolutionnaires, présentes à l’Université de Rouen depuis la naissance de celle-ci, les membres de cet axe entendent tout à la fois poursuivre leurs travaux en continuité avec le précédent CQD, poursuivre également les coopérations fructueuses déjà engagées avec d’autres universités (Clermont-Ferrand, Lille, Paris I) et la Société des études robespierristes, mais aussi élargir les recherches aux révolutions dans le monde du XIXe siècle à nos jours. Cet élargissement ne doit rien à un quelconque « effet de mode », mais est plus simplement lié aux évolutions des centres d’intérêt des enseignants-chercheurs rouennais. Désormais, l’axe rassemblera donc des travaux sur la Révolution française (entendue dans un temps long) et des travaux sur les révolutions contemporaines, avec comme point de rencontre un intérêt marqué à l’histoire politique et à l’histoire culturelle. Pratiques, cultures et transmissions seront ainsi au cœur des préoccupations, sans pour autant céder à une vision téléologique ou à la tentation aberrante d’appréhender le monde contemporain à la lumière des héritages de la Révolution française. Les chercheurs membres de cet axe proposeront des manifestations scientifiques faisant alterner à parts égales les deux champs d’étude. Parmi les premiers projets envisagés, deux colloques et quatre journées d’étude marqueront la période 2017-21. Pour les colloques : au printemps 2018, à l’occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx, en liaison avec le GRR Eurosoc (J.-N. Ducange), un colloque autour de Marx, l’histoire, les révolutions (L. Bantigny, Y. Bosc, J.-N. Ducange, J.-Y. Frétigné) ; au printemps 2020, un colloque Mourir en révolutionnaire (1789-2020) prévu en partenariat avec l’Université de Lille (M. Biard, J.-Y. Frétigné, H. Leuwers). S’agissant des journées d’étude : au printemps 2017, une journée préparée par P. Dupuy autour des images de la Révolution française sur le thème Modes de circulation des images entre 1750 et 1830 : représentation, politique et diffusion, avec pour volonté de s’interroger sur les vecteurs de connaissance des images et leur impact dans divers situations révolutionnaires ; en novembre 2017, une journée 1917 et la Révolution française (J.-N. Ducange et Y. Bosc, avec un partenariat noué avec des chercheurs russes) ; au printemps 2019 une journée sur le thème L’exception, laboratoire de l’ordinaire (M. Biard, H. Leuwers, cf. infra) ; enfin, au printemps 2021, une journée autour de la représentation nationale et la loi (M. Biard).

* S’agissant tout d’abord de la Révolution française

Les identités politiques partisanes, les conflits politiques et leurs représentations, les jeux de pouvoir, mais aussi les processus de radicalisation révolutionnaire continueront à s’inscrire au centre des recherches. Une réflexion sera ainsi poursuivie sur les années les plus politiquement « sensibles » de la Révolution, notamment les trois années de la Convention nationale (1792-1795) déjà au cœur de plusieurs ouvrages et travaux de recherche menés à bien par M. Biard au cours du précédent contrat quinquennal. Par ailleurs, en continuité avec les travaux du projet ANR Actapol (qui devrait faire l’objet d’une nouvelle demande), elles prendront désormais davantage en compte la représentation nationale dès lors que celle-ci se trouve au cœur des enjeux de pouvoir, des conflits politiques et de la mise en scène du pouvoir pendant la Révolution française. Dans le cadre d’une collaboration entre les universités de Lille 3 et Rouen sur le thème « Normes, loi et justice dans la Cité républicaine », deux journées d’étude seront organisées par M. Biard et H. Leuwers à Lille (2017) et Rouen (2019), avant de faire l’objet d’une publication commune en 2020. Sous le titre « L’exception, laboratoire de l’ordinaire », il s’agira de s’interroger sur la manière dont les normes et la loi, d’un côté, la justice, de l’autre, évoluent dans des temps « extraordinaires » et peuvent finir par marquer durablement les institutions et la vie politique d’un pays. Ces deux universités organiseront aussi en commun, en 2020 à Rouen, un colloque sur le thème « Mourir en révolutionnaire (1789-2020) », thème qui là encore s’inscrira dans une suite logique et un élargissement du livre publié par M. Biard en 2015.

* Pour ce qui concerne les approches comparatistes

Essentiellement centrées sur certains espaces géographiques recoupant les spécialisations des divers chercheurs (France, pays germanophones, Italie), elles n’excluront pas une dimension internationale plus large, tenant compte notamment de révolutions dont l’ambition était de changer radicalement l’ordre international (révolutions de 1848, révolutions russes de 1917). Les articulations entre nations, régions, continents, et la circulation des idées révolutionnaires que ces différentes échelles impliquent, seront au cœur des travaux et publications. Dans cet esprit, des approches inspirées par les méthodologies de l’histoire « transnationale » ou l’histoire des transferts et des connexions, pourront être développées. La question des transmissions sera tout particulièrement interrogée : comment, d’une révolution à une autre, sont pensés les héritages, les modèles existants, les discours, les théories et pratiques ? De ce point de vue, la Révolution française du XVIIIe siècle inaugure un cycle long de références à l’expérience révolutionnaire passée, posant le problème même de la définition de ce qu’est une « révolution » dans un contexte donné. Les enjeux des discours autour du terme « révolution » seront ainsi examinés à différentes époques, jusqu’aux usages les plus récents au début du XXIe siècle impliquant des redéfinitions profondes par rapport aux sens « classiques » des XIXe et XXe siècles. L’analyse, au-delà des discours, portera également sur les stratégies révolutionnaires, en théorie et en pratique. Car si l’étude des projets révolutionnaires comme imaginaires de sociétés alternatives (utopies concrètes) est essentielle, le maillon concernant la transition vers ces sociétés, soit la stratégie politique, mérite toute l’attention puisqu’il se trouve au cœur même de la pensée et de l’expérience révolutionnaires. Les manifestions festives tout comme les enjeux symboliques occupent enfin une place importante dans les études relatives à l’histoire révolutionnaire, dans le cadre d’une histoire culturelle renouvelée sensible aux mobilisations populaires et à la diversité de leurs expressions.