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Pacifisme et socialisme : de la IIe Internationale à la guerre froide

Date / Heure
Date(s) - 28/03/2019 - 29/03/2019
14:00 - 17:15

Emplacement
Université de Rouen - Maison de l'Université

Catégories


Organisé en salle de conférence de la Maison de l’Université (Mont-Saint-Aignan) par Jean-Numa Ducange & Elisa Marcobelli dans le cadre du RIN PEACE (région Normandie), avec le soutien du
GRHis (Groupe de recherche d’histoire), EuroSoc-Normandie, la Fondation Jean-Jaurès et la Sociéte d’études jaurésiennes.

Présentation

Qu’est-ce que la paix pour les socialistes ? Elle n’est pas vraiment absence absolue d’armements et de guerre, si l’on suit par exemple ce que Jaurès écrit dans l’Armée nouvelle. Le tribun socialiste cherche alors à répondre à une question qui lui tient à cœur : comment pouvoir garantir la paix en France et « dans le monde incertain dont elle est enveloppée » ? Elle n’est non plus à tout moment une priorité, comme par exemple à la naissance de la IIème Internationale en 1889 ; elle constitue alors un sujet de discussion parmi les autres. Et quand les crises diplomatiques internationales se succèdent, on trouve dans les écrits socialistes des affirmations comme celle de Max Calwer qui se définit comme un « deutscher Sozialist » ; parlant de la crise marocaine de 1905, il plaide pour un élargissement de la puissance allemande.
Pacifisme et socialisme sont donc deux mots qui n’ont pas toujours marché main dans la main, ni du point de vue lexical, ni du point de vue des contenus. L’objectif de ce colloque est de questionner les multiples relations du socialisme à la paix. La période qui va des années 1890 à la fin de la Grande Guerre sera privilégiée, mais nous souhaitons élargir le propos à une réflexion plus vaste jusqu’à la chute du Mur de Berlin. On suivra donc l’évolution de la conception de la paix par les acteurs socialistes, la façon dont leurs initiatives pour le maintien d’un ordre pacifique changent dans des contextes différents. Ce qui nous intéresse plus particulièrement est de montrer comment les socialistes et sociaux-démocrates se sont posés ces questions dans un contexte transnational. Un des objectifs sera ainsi de sortir du seul cadre national pour embrasser une vision globale – et tenter pour tracer une « histoire croisée » (entangled History) du rapport entre socialisme et paix.

Programme

Jeudi 28 mars 2019

14h – 14h30

  • Introduction générale au colloque par Jean-Numa Ducange (Univ. de Rouen) et Elisa Marcobelli (Univ. de Rouen)

14h30 – 16h15 :
Première séance : Internationalisme socialiste égal paix ? (1889-1914)
Modération : Thierry Mérel (Fondation Jean-Jaurès)

  • Elisa Marcobelli (Univ. de Rouen) : « La IIème Internationale face aux crises diplomatiques (1889-1915). Un parcours d’apprentissage »
  • Andrea Benedetti (Univ. de Strasbourg) : « Le Bureau Socialiste International et les premières initiatives humanitaires : entre opposition de principe et convergence pratique pour la paix, 1900-1914 »
  • Paul Miller (Mc Daniel College) : « Revolutionaries Revisited: French Antimilitarists on the Verge of War »

16h15 – 16h45

Pause-café

16h45 – 18h15

Deuxième séance : 1914-1918 : les socialistes et la paix pendant la guerre
Modération : Patrizia Dogliani (Univ. de Bologne)

  • Stefanie Prezioso (Univ. de Lausanne) : “Antonio Gramsci et la «neutralité active et agissante »
  • Julien Chuzeville (chercheur indépendant) : « Socialistes et syndicalistes zimmerwaldiens contre la guerre, par la révolution ? »
  • Vincent Chambarlhac (Univ. de Bourgogne) : « La Grande Guerre comme fin d’une tradition communarde ? »

18h15 – 18h45

Conférence de Talbot Imlay (Université de Laval – Québec) : « Guerre, paix, internationalisme : le cas transnational »

Vendredi 29 mars

9h – 10h45 :

Troisième séance : Socialismes et reconstruction de la paix
Modération : Gilles Candar (Société d’études jaurésiennes)

  • Patrizia Dogliani (Univ. de Bologne) « 1919, les socialistes face à la Conférence pour la Paix à Versailles, entre internationalisme et wilsonisme »
  • Adeline Blaszkiewicz (Univ. Paris 1) « De Paris à Genève, construire la paix par l’action sociale internationale. Albert Thomas et le Bureau international du travail au début des années 1920 »
  • Benoît Kermoal (EHESS) : « La violence ou la paix. L’impossible choix des socialistes français, de Munich à la défaite de 1940 »

10h45-11h : Pause-café

11h – 13h :

Quatrième séance : Seconde Guerre mondiale : comment affronter le nouveau défi ?
Modération : Olivier Feiertag (Univ. de Rouen)

  • Gilles Morin (Centre d’histoire sociale du XXème siècle, Paris 1) : « Du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes à la Ligue de la Pensée française (1934-1944), l’impasse du pacifisme intégral de la gauche »
  • Talbot Imlay (Université Laval) : « Le parti travailliste et les socialistes européens en exil en Grande-Bretagne pendant la Seconde guerre mondiale »
  • Virgile Cirefice (Univ. de Paris 8) : « Vainqueurs et vaincus. Les socialistes français et italiens face à la paix à la fin de la Seconde guerre mondiale ».

13h – 14h30

Pause déjeuner

14h30 – 16h45

Cinquième séance : Socialismes, paix et guerre froide
Modération : Thomas Hippler (Univ. de Caen)

  • Grey Anderson (Univ. de Caen) : « Zoological Peace: Pacifism and Socialism in the Second Cold War »
  • Bernd Rother (Willy-Brandt-Stiftung) : « Reformists and Revolutionaries – What brought European Social Democrats and Latin American Leftists together in the 1970s and 1980s »
  • Judith Bonnin (Univ. de Bordeaux) : « La paix et le pacifisme dans le discours international du Parti socialiste français des années 1970 »

16h45 – 17h15 : Conclusion

  • Conférence de Christophe Prochasson (EHESS)

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