
Présentation
L’histoire de la lèpre, maladie ancestrale à caractère endémique dans les diverses et vastes aires culturelles où elle s’est répandue, offre un formidable panorama spatiotemporel sur rien moins que l’humanité. Et de cette humanité, la part chrétienne est singulière à cause de la tension morale et spirituelle introduite par la charité évangélique dans la perception d’une maladie redoutable et redoutée. La perspective est sociale, culturelle et religieuse. L’historien ne s’intéresse à la lèpre qu’en tant qu’elle affecte des populations, partant à ses victimes, au regard que la société englobante porte sur eux et aux dispositifs qu’elle met en place pour les prendre en compte d’une manière ou d’une autre, selon les valeurs et les normes qu’elle véhicule. Dans cette perspective et ne serait-ce que dans le cadre chronologique d’un long Moyen Âge s’étendant à la première modernité, l’histoire des lépreux s’avère totalisante pour ce qu’elle conduit à appréhender tous les aspects d’une société donnée, en convoquant toutes les disciplines historiques, non exclusivement.
