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MANEUVRIER-HERVIEU Paul

Informations pratiques :

Doctorant allocataire en Histoire avec le CRHQ et le GRHis (Université de Rouen)

Thèse réalisée sous la direction de Jean-Marc Moriceau et de Michel Biard

Adresse email : p.maneuvrier[@]gmail.com

Bureau : SH107, MRSH

Biographie :

  • 2015 : Master 2 d’histoire, Université de Caen Basse-Normandie, mention Très bien. Mémoire : Les grains de la colère. Le Pays de Caux dans la «Guerre du Blé» : approche sociologique et politique, 306 p. + annexes. Soutenu le 16/02/2015. Jury : J.-M. Moriceau (PU Caen, directeur du mémoire), A. Hugon (PU Caen) et M. Biard (PU Rouen). Note : 18/20, avec les félicitations orales du jury.
  • 2013 : Master 1 d’histoire, parcours recherche, Histoire médiévale, Université de Caen Basse-Normandie. Mention Bien. Rang : 14e/ 91
  • 2012 : Licence d’Histoire mention Bien, Université de Caen Basse-Normandie. Rang : 4e/ 100
  • 2009 : Baccalauréat série ES, mention Très bien. Lycée Malherbe (Caen). Classe Européenne Espagnole.

Publications :

Articles :
  • ” Les Normands dans la “Guerre du Blé” au XVIIIe siècle”, Les Normands et la guerre, Actes du 49e Congrès de la Fédération des Sociétés Historiques et Archéologiques de Normandie, Rouen, 15-18 octobre 2014, textes réunis par B. Bodinier, Louviers, FSHAN, parution en octobre 2015.
  • ” L’amour interdit : femmes et clercs dans le registre d’Eudes Rigaud (1248-1269)”, Être femme(s) en Normandie, Acte du 48e Congrès de la Fédération des Sociétés historiques et Archéologiques de Normandie, Bellême, 16-19 octobre 2013. Textes réunis par B. Bodinier, Louviers, FSHAN, 2014, p. 469-476.
Comptes rendus :
  • Compte rendu de ,’oUvr`ge de Colette Beaune, « Le Grand Ferré. Premier Héros paysan », Histoire et Sociétés Rurales, n°40, 2e semestre 2013, p. 182-184.
  • Compte rendu de l’ouvrage d’Edward P. Thompson, « La guerre des forêts. Luttes sociales dans l’Angleterre du XVIIIe siècle», à paraître Histoire et Sociétés Rurales, n°43, 1er semestre 2015, (parution : juillet 2015).
  • Compte rendu de la 3e journée d’étude sur les communautés rurales dans l’Ouest de la France au Moyen Âge et à l’époque mo- derne organisée par Cédric Jeanneau et Philippe Jarnoux, à Brest le 4 avril 2014, Université de Bretagne Occidentale, Histoire et Sociétés Rurales, n°41, 1er semestre 2014, p. 272-275.

Actes de colloques :

  • Evenements contestataires et mobilisations collectives. Participation à la réalisation des orientations de recherche sous la direction de F. Neveux pour le 51e Congrès de la Fédération des ociétés Historiques et Archéologiques de Normandie, Lisieux, octobre 2016.

Communications passées :

  • “Les Cauchois dans la “Guerre du Blé” au milieu du XVIIIe siècle”, Conférence à Fontaine-le-Dun (76) pour l’association du Cercle Généalogique du Pays de Caux, Janvier 2015.

Actualités :

  • Les grains de la colère : étudier la contestation dans les campagnes normandes sous l’Ancien Régime et la Révolution, intervention dans le cadre du séminaire “Autour de la Révolution française. Recherches en cours/Livres en débat”, sous la direction de Michel Biard (GRHis), Université de Rouen. Le 25 novembre 2015.

Axes de recherche :

  • Histoire économique et sociale
  • Histoire rurale
  • Histoire des révoltes et des conflits
  • Histoire de la Révolution française
  • Histoire régionale (Normandie)

Résumé thèse

>Les grains de la colère : Commerce, changement agricole et tensions sociales dans les campagnes
La Normandie et le Nord-Ouest du Bassin parisien de 1709 à 1817
Sous la direction de Jean-Marc Moriceau et de Michel Biard

En 1709, un terrible hiver s’abat sur l’Europe, une grande partie des récoltes sont détruites et les denrées alimentaires connaissent une hausse des prix sans précédent. La Normandie n’est pas épargnée par la famine qui multiplie les troubles dans les bourgs de marché et dans les villes de toute la Province. Jusqu’en 1817, date de la dernière grande crise frumentaire que la France ait connue, la question du « pain quotidien » – de sa production jusqu’à sa consommation en passant par sa commercialisation -, est une préoccupation centrale pour les gouvernements comme pour les populations. Préoccupation majeure de l’Etat monarchique et des gouvernements successifs, la question des subsistances instaure un climat de tensions permanent entre le peuple et les autorités. Aucune question n’ayant un pouvoir mobilisateur et déstabilisateur aussi important que la pénurie des grains.
Le moindre aléa de conjoncture météorologique peut entrainer une hausse brutale des prix sur les marchés et déclencher de nombreux troubles et émeutes qui prennent parfois une envergure insoupçonnée comme en 1788-1789. Pour remédier à cette question des subsistances et faire régner une certaine paix sociale, écrivains, économistes et hommes du gouvernement orientent leurs réflexions sur l’impact social de la question des grains. Dans un climat de réflexion intellectuelle intense, une école de pensée économique émerge et influence progressivement la politique économique de la monarchie : la physiocratie. Les idées de François Quesnay ou encore de Turgot circulent, et au milieu du XVIIIe siècle on assiste à la naissance du « Beau libéralisme », prônant la libéralisation intérieure puis extérieure du commerce des grains. Cependant, sa mise en application est vivement contestée par les populations et en particulier dans les régions de grande culture où les tensions sociales à l’intérieur des communautés villageoises s’exacerbent.
Dans un observatoire géographique, caractérisé par d’importantes transformations dans les domaines agricoles, économiques et industriels, l’étude des mouvements populaires a pour objectif de préciser les tensions et les conflits sociaux sous-jacents au sein de la paysannerie. A l’origine des tensions provoquées par ces mutations, on retrouve au premier plan la question des subsistances, en particulier dans les régions de grande culture céréalière. Cette « Guerre du blé » se caractérise par des émeutes sur les marchés où le prix du blé est imposé par la foule aux marchands et aux propriétaires, ou par l’arrêt de convois destinés à l’exportation. Mobilisant parfois plusieurs milliers de participants, ces mouvements populaires, en réaction aux aléas de conjoncture, constituent également une forme de prise de parole politique destinée à exprimer leurs conceptions de cette économie des subsistances.
L’éventail des sources disponibles permet d’approcher ces mouvements populaires liés aux subsistances dans leur composition sociale, leur déroulement et de percevoir, à travers toute une gamme de gestes et de comportements, une politisation des acteurs. Une première « classe politique » paysanne se construit durant cette période dont la rédaction des cahiers de doléances par les assemblées villageoises assure une mise par écrit de leurs revendications où la question des subsistances et le commerce des grains occupent une place de premier ordre.
Grâce à l’apport de sources encore très peu mobilisées conjointement (archives de la maréchaussée, traités économiques, lois révolutionnaires, cahiers de doléances), cette thèse propose un nouveau regard sur la question paysanne de part et d’autre de la Révolution française. Elle entend ainsi mettre en lumière la manière dont la paysannerie a su exprimer ses conceptions et ses revendications sur un sujet crucial : l’éternelle question du pain quotidien. L’extension des bornes chronologiques jusqu’à la fin de l’Empire a pour objectif d’analyser les conséquences de cet engagement « paysan » dans la Révolution française. Enfin, par son refus de la fragmentation historiographique et des compartimentages disciplinaires, cette étude, réalisée à plusieurs échelles, vise à une meilleure connaissance des relations entre l’Etat et la diversité des hommes qui le composent.

Abstract Thesis (English Version) :

The Grains of Wrath :
Trade, Agricultural Change and Social Tensions in Rural Areas
Normandy and the North-West area of the Parisian Basin from 1709 to 1817

In 1709, a terrible winter hits Europe, an important part of the harvests are lost and the price of food products experiences an unprecedented surge. The North-west area of the kingdom is not spared by starvation, which triggers numerous incidents in market towns and in cities. Until 1817, when the last great french food crisis occurs, the question of « daily bread » – all the way from its production to its consumption going through its commercialisation – is a crucial preoccupation for the leaders as well as for the populations. A central matter for the monarchic state and for the successive governments, the question of subsistance creates a climate of permanent tensions between the people and the authorities. There is no other topic more effective at mobilizing and destabilizing than the fear of a shortage of the grains !

Each meteorological incident can trigger a brutal increase of the prices on the markets and cause riots which can sometimes grow to reach unexpected scales, like in 1788-1789. To prevent these recurring shortages and to impose a relative state of social peace, writers, economists and men of state concentrate their researches on the social impact of the grains question. In this intense climate of reflexion, a new branch of economical studies emerges and progressively influences the monarchy’s economical policies : the physiocracy. The ideas of François Quesnay and Turgot are trending, and the middle of the XVIIIth century is marked by the birth of the « Beau libéralisme advocating the inner and outter liberalisation of the grain trade. However, its application is directly contested by a part of the population, especially in the large agricultural regions where social tensions within the village community worsen.

In a geographical observatory – the great plains of the north-west of the Parisian basin between Caen and Soissons –, characterized by important transformations in the agricultural, economical and industrial fields, the study of popular movements intends to precise the underlying tensions and conflicts within the peasantry. The genesis of the tensions caused by these mutations lies with the central question of subsistences, in particular in these areas of great cereal production. This «Wheat war » is characterized by riots occuring on markets where prices are dictated by the people to merchants and landowners, or by the stopping of convoys bound to exportation. Sometimes gathering several thousands participants, these popular movements, reacting to the vagaries of the economic cycles, also embody a form of political engagement aimed at expressing their own visions of this economy of subsistences.

The range of available sources allows us to aprehend these food riots in their social structure and their development while perceiving, through an array of gestures and behaviours, a politicisation of the actors. A first rural « political class » appears during this period. The production of the registers of grievances by the village assemblies ensures the writing down of their revendications, where the question of subsistences and grain trade have a capital importance.

Thanks to the contribution of sources which are rarely used together (archives of the maréchaussée, economic treaties, revolutionary laws, registers of grievances), this thesis offers a new perspective on the peasant question before and after the French Revolution. Its purpose is to highlight the way the peasantry expressed its conceptions and revendications on a fondamental matter : the eternal question of daily bread. The extension of the chronological limits as far as the end of the Empire serves the purpose of analysing the consequences of the « peasant » involvement in the French Revolution. Finally, by rejecting historiographical fragmentation and the partioning of the fields of research, this study, organized on several levels, aims at a better understanding of the relations between the State and the diversity of the men who depend on it.