Médias

Archives

« Extrême » ? Identités partisanes et stigmatisation des gauches en Europe (XVIIIe-XXe siècle)

Chargement de la carte…

Date / Heure
Date(s) - 11/05/2011 - 13/05/2011
Toute la journée

Emplacement
Université de Rouen - Maison de l'Université

Catégories


Colloque international

 

Mercredi 11, jeudi 12 et vendredi 13 mai 2011

> Université de Rouen, Amphithéâtre de la Maison de l’Université (Mont-Saint-Aignan)

> Hôtel des Sociétés Savantes, 190 rue Beauvoisine (Rouen)

 

Extrémiste, radikal, extremist ont été déclinés dans toutes les langues européennes depuis le XVIIIe siècle mettant, d’une part, en garde contre une radicalisation qui serait excessive de courants politiques, de partis ou de mouvances et, d’autre part, dénonçant les « excès » et l’éventuel recours à la violence. Ces mots et concepts, ces descriptions sommaires des pratiques, sont assimilés et vulgarisés par les sociétés, les protagonistes politiques, mais aussi des journalistes, des universitaires et chercheurs, qui, en les reprenant à leur compte, en accentuent parfois l’aspect caricatural, l’effet critique et l’inhumanité.

En Europe, les mouvements se réclamant des gauches ont été et sont encore confrontés à une stigmatisation qui s’incarne, suivant les périodes ou les pays, dans la représentation de « l’enragé », de « l’exagéré », de « l’anarchiste », du « rouge », du bolchévique au couteau entre les dents, du « gauchiste », voire du « terroriste ». Certains groupes ou certaines mouvances ont aussi choisi de brandir l’injure en tant qu’étendard.

Lors de ce colloque international, une trentaine de spécialistes de périodes mais aussi d’espaces différents se proposeront d’interroger ces mots, ces concepts, ainsi que leurs usages, la manière dont ces stigmatisations servent à isoler l’adversaire politique aux marges, puis en marge, et à le transformer en ennemi. Ces injures, ces qualificatifs, ces débats cachent le plus souvent non seulement des désaccords sur l’analyse de la situation politique mais plus encore sur les moyens de la prise du pouvoir et sur les contours de la société future à instaurer. Ce colloque a pour toute ambition de faire un premier bilan sur cette notion-concept politiquement piégée.

 

Programme

 

Mercredi 11 mai

14h. Ouverture du colloque, allocutions de bienvenue.

14h10. Introduction, Bernard Gainot et Paul Pasteur.

> Mots et concepts

14h30. « Rousseau et le malheur de l’inégalité : Les “ funestes hasards ” de l’“ extrême ” en question » (Philippe Georges, université de Rouen)

14h50. « Des excès du peuple aux excès des partis du peuple : continuités et transferts des représentations » (Déborah Cohen, université de Provence)

15h10. Débat

15h30. Pause

15h50. « Extrémisme et modération : réactions anglaises à la France révolutionnaire » (Alan Forrest, Université de York)

16h10. « Stigmatiser la gauche “ extrême ” : violence et Terreur révolutionnaire en Allemagne 1918-1923 » (Jean-Numa Ducange, Université de Rouen)

16h30. Revue Dissidences, Construction et déconstruction de l’extrême gauche en France depuis 1989

16h50. Débat

18h30 > Hôtel des Sociétés savantes. Conférence publique de John Merriman, Université de Yale : Entre réalités et fantasmes, les anarchistes dans la seconde moitié du XIXe siècle

 

Jeudi 12 mai 2011

> Groupes et mouvances

9h30. « Critiquer la Constitution de 1793 du point de vue de l’humanité souffrante, est-ce nécessairement prendre un parti extrême ? » (Serge Aberdam, INRA)

9h50. « Côté gauche et “ extrême ” : réflexions sur Marx, les Montagnards et les révolutions » (Jacques Guilhaumou, CNRS, et Françoise Brunel, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

10h10. Débat

10h30. Pause

10h50. « Au temps de la deuxième République : les banquets démocrates-socialistes et le regard de leurs adversaires » (Vincent Robert, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

11h10. « Nommer pour circonscrire, stigmatiser pour déconstruire. Une nouvelle extrême gauche en 1937 ? » (Vincent Chambarlhac, Université de Bourgogne)

11h30. « La gauche “ extrême ” en Belgique : du Parti libéral à la gauche anticapitaliste » ( Julien Dohet et Jean Faniel, Liège et Bruxelles)

11h50. Débat

> Pratiques

14h30. « L’expérience de la radicalité (ou comment devient-on “ extrémiste ”). Notes à partir des journées parisiennes de 1789 » (Haim Burstin, Université de Milan)

14h50. « Radicalisme et modération dans la Révolution espagnole (1808-1814) » (Lluis Roura, Université de Barcelone)

15h10. « Extrémisme parlementaire et extrémisme politique sous la Restauration » (Jean-Claude Caron, Université Blaise Pascal Clermont II)

15h30. Débat

15h50. Pause

16h10. « Des candidats contre les “ extrêmes ”. L’action électorale des préfets dans la préparation des élections législatives de 1834 » (Christophe Voilliot, Université de Nanterre)

16h30. « “ Extrême ” : appellation d’origine contrôlée ? Le cas de l’anarchiste italien Errico Malatesta (1853-1932) (Caroline Zekri, Université Paris-Est Créteil)

16h50. « Le syndicalisme révolutionnaire havrais avant 1914 : pratiques et théories / violences et stigmatisation » (Hélène Rannou, Université de Rouen)

17h10. Débat

 

Vendredi 12 mai 2011

> Représentations et discours de rejet (I)

9h30. « Étude comparée de la figure du “ révolutionnaire ” en France, Allemagne et Grande-Bretagne » (Rolf Reichardt, Université de Mayence, et Pascal Dupuy, Université de Rouen)

9h50. « Thomas Paine et la figure du girondin comme radical » (Yannick Bosc, Université de Rouen)

10h10. Débat

10h30. Pause

10h50. « Les mots pour le dire et pour le faire : la dénonciation des extrêmes et la chasse aux jacobins dans Le Décadaire du Cantal (an III) » (Philippe Bourdin, Université Blaise Pascal Clermont II)

11h10. « Le Directoire entre l’anarchie et la royauté ou comment les extrêmes ne se rejoignent-ils finalement pas (1795-1799) » (Marc Deleplace, IUFM de Reims)

11h30. « Après La Commune : les limites de l’extrême fixées par les “ honnêtes gens ” » (Yvan Combeau, Université de La Réunion)

11h50. Débat

> Représentations et discours de rejet (II)

14h. « L’image du rouge dans la littérature espagnole de l’entre-deux-guerres, 1919-1939 : stéréotypes culturels et changement conceptuel » (Hugo García, Univerté Complutense de Madrid)

14h20. « Une gauche extrême ou une gauche “ de l’étranger ” ? Représentations et stigmatisation des Partis communistes français et italiens au début de la Guerre Froide » (Pascal Girard, IUE Florence).

14h40. Débat

15h. Pause

> Et aujourd’hui… ?

15h20. « Penser le pouvoir, prendre le pouvoir. Théories et pratiques de l’extrême gauche française (1968-1981) » (Ludivine Bantigny, Université de Rouen)

15h40. « La formation des Verts en Allemagne de l’Ouest dans les années 1970 : Sentiment de crise et remise en question de la dichotomie droite-gauche » (Silke Mende, Université de Tübingen)

16h. « L’“ extrême gauche ” italienne n’existe pas ! Mise en perspective historique des circonlocutions identifiant une “ aire ” politique dite aujourd’hui “ sinistra radicale ” (Yannick Beaulieu, IUE Florence)

16h20. Débat

16h40. Conclusions Michel Biard et Pierre Serna

 

Comité d’organisation

Michel Biard (Université de Rouen)

Bernard Gainot

Paul Pasteur (Université de Rouen)

Pierre Serna

 

Comité scientifique

Michel Biard (Université de Rouen)

Philippe Bourdin

Jean-Claude Caron

Paul Pasteur (Université de Rouen)

Michèle Riot-Sarcey

Pierre Serna

Timothy Tackett

Danielle Tartakowsky

Michel Vovelle

Michèle Zancarini-Fournel

 

Renseignements et inscription

GRHIS – Université de Rouen

UFR des Lettres et Sciences Humaines

Rue Lavoisier – 76821 – Mont-Saint-Aignan – CEDEX
Tél. 02 35 14 71 00 – Fax. 02 32 76 94 00
E.mail : florence.lepouze@univ-rouen.fr

 

Partenariats

IHRF (Université de Paris I Panthéon Sorbonne, EA 127 UMS/CNRS 622)

Avec le soutien de la Société des études robespierristes

 

Illustration. A Democrat, or Reason and Philosophy / Anonyme, Humphrey, H (éditeur), 1793, gravure coloriée, Musée de la Révolution française, inv. : 1985.574
© Musée de la Révolution française / Domaine de Vizille

 

Comments are closed.